Fort d’un parcours atypique et d’une expérience au cœur des plus grands studios hollywoodiens, Clotaire Marmignon développe avec son frère, Corentin, e-dutainment, une plateforme gamifiée dédiée à l’apprentissage de l’anglais d’un nouveau genre. Il se confie sur sa startup et sur un chemin d’entrepreneur souvent semé d’embûches.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur e-dutainment ?

C’est une plateforme gamifiée qui permet de se former à l’anglais via des vidéos. À travers un contenu personnalisé pour correspondre aux besoins des étudiants et des professeurs, l’élève enrichit ses connaissances en vocabulaire, conjugaison et grammaire. L’originalité de notre concept réside dans l’utilisation de vidéos issues du divertissement, grâce à nos partenariats avec des géants Hollywoodiens et bien d’autres. Nous sommes en mesure de proposer une formation en anglais professionnel avec une touche ludique. Ils pourront maîtriser la langue de Shakespeare en se formant avec des extraits de Harry Potter ou de House of Cards par exemple.

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Comment cela fonctionne-t-il concrètement pour les étudiants ?

Lorsqu’il se connecte pour la première fois, l’élève doit passer un test de niveau. Ensuite, nous mettons en place un parcours sur-mesure coconstruit avec son école. Grâce à notre travail de recherche, nous lui proposons environ 25 vidéos pédagogiques (qui correspondent en tous points avec son parcours) de tous genres : documentaire, reportage, film, série, etc. Il répond ensuite à des questions pour lui permettre de progresser tout au long de l’année et de gagner des niveaux.

Pourquoi orienter votre plateforme vers le cinéma ?

Tout d’abord, nous voulions créer des formations très ludiques pour faire disparaître la notion de contrainte qu’elles peuvent refléter. Une vidéo est beaucoup plus dynamique qu’un livre ou un article. Elle propose une expérience totalement différente. De plus, le cinéma a joué un rôle très important dans notre scolarité et même dans notre façon d’être.

e-dutainment est donc le fruit d’un parcours atypique ?

Après avoir étudié à Lille et à l’Université de Valenciennes, mon frère et moi étions étudiants à l’ESAM lorsque nous avons réalisé un stage de quelques mois au sein d’un grand studio hollywoodien. Cette expérience a duré plusieurs années, durant lesquelles nous avons pu développer les compétences et acquérir les connaissances nécessaires pour devenir experts dans cette industrie qu’est le cinéma. Suite à cette expérience, nous avons rejoint l’American Business School où nous avons rencontré nombre d’étudiants internationaux qui se sont formés à l’anglais grâce aux films. Cela nous a confortés dans l’idée qu’il y avait là une vraie tendance de l’apprentissage via les contenus culturels américains. Forts de notre expertise et de notre réseau développés à Hollywood, nous avons créé notre startup dédiée après avoir finalisé le projet à Stanford. En tant qu’étudiants, nous savions à qu’il était important de proposer un contenu sous forme de jeu.

Marmignon Brothers

De gauche à droite : Clotaire Marmignon, Jeffrey Dean Morgan (acteur de The Walking Dead) et Corentin Marmignon

En tant qu’entrepreneur, comment avez-vous affronté les freins à votre projet ?

Le premier frein était financier. Pour pouvoir partir aux États-Unis, nous avons bénéficié de l’aide de bénévoles et du Centre Social de la Florentine à Aulnoye-Aymeries. Nous avons même fait du porte-à-porte pour vendre des tartes. Cette expérience très enrichissante nous a confortés dans notre idée de fonder ce projet auquel beaucoup croyaient. Cela nous a également sensibilisés à la dimension sociale que devait revêtir e-dutainment. C’est pourquoi nous avons créé une plateforme qui n’est pas élitiste ! Grâce à cette volonté et à notre persévérance, nous avons su prouver aux quelques personnes ne croyaient pas en nous que notre projet est viable. Aujourd’hui, nous pouvons compter parmi nos plus grands soutiens, M. Vasseur, professeur spécialisé en big data de Stanford. Cette aventure est celle du self-made-man américain que l’on voit dans les films. Nous sommes partis de quasiment rien, nous avons connu beaucoup de difficultés, mais nous sommes partis pour réaliser nos rêves !

Comment e-dutainment est-il accueilli au sein des écoles ?

Depuis son lancement en septembre 2017, la plateforme est très bien reçue. Les enseignants sont ravis d’avoir une solution clé-en-main, avec des possibilités de suivi du niveau de chaque élève. Certains professeurs intègrent e-dutainment dans leurs cours et proposent même de passer l’examen de fin de semestre sur notre site. Aujourd’hui, des écoles assez diverses le déploient. Nous faisons attention à être très attentifs aux besoins des écoles et aux attentes des étudiants pour offrir une formation entièrement sur-mesure pour chaque établissement et chaque cursus. L’idée d’un apprentissage attractif et ludique a été bien reçue par les écoles puisque notre nombre d’utilisateurs va augmenter d’une façon considérable. De plus en plus d’écoles dotées d’une très grande réputation académique souhaitent collaborer avec nous et même le déployer sur leurs différents campus et au sein de leurs différentes marques.

Comment imaginez-vous le futur de la plateforme ?

Nous envisageons actuellement de proposer l’espagnol et le français – pour les pays anglophones -, sur e-dutainment. D’ici 5 ans, nous ambitionnons de cibler les jeunes de 17 à 25 ans et de préparer au bac, au TOIEC et au TOEFL. Avec notre site, nous souhaitons apporter une ouverture culturelle aux étudiants en leur permettant de réaliser leur rêve de vivre à l’étranger. Nous comptons nous développer aussi dans la formation professionnelle. Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs entreprises. Nous imaginons encore une offre phygital en organisant des séminaires ultra-qualitatifs sur la transformation digitale, invitant certains utilisateurs de la plateforme à se rendre à Berkeley ou à Stanford. C’est une expérience exclusive, introuvable ailleurs. Grâce à notre réseau, nous espérons également faire découvrir les studios hollywoodiens aux étudiants en école d’audiovisuel. Enfin, nous comptons ouvrir notre plateforme vers l’Afrique et d’autres pays mettant un point d’honneur sur l’éducation.

Pour en savoir plus : http://e-dutainment.com

Les directeurs d’écoles en parlent !

Eric Ouaknine, directeur d’activité du CFA IGS et Yannick Roussel, Directeur de l’ESAM Paris racontent l’expérience e-dutainment

 

Pourquoi avoir opté pour la plateforme e-dutainment ?

Eric Ouaknine : Le CFA IGS a transformé l’enseignement des langues vivantes et intègre, dans ses parcours et sur plusieurs semaines, des séminaires qui placent les apprentis en immersion complète en anglais. La plateforme e-dutainment vient compléter ce dispositif et s’inscrit au cœur de ces pratiques pédagogiques pour maintenir un niveau optimal de pratique linguistique.
Yannick Roussel : Premièrement l’ESAM encourage tous ses jeunes entrepreneurs. Deuxièmement cette plateforme est de qualité, car elle est construite à partir des manques pédagogiques observés pendant une longue période de cours de ces deux jeunes créateurs.

Quelle est la qualité de cette plateforme, qui la différencie de ses concurrents ?

Y.R. : Son dynamisme, ses qualités pédagogiques réalisées par une vraie équipe compétente et sa facilité de mise en œuvre, alliée à son côté ludique et sans contrainte pour les étudiants.
E.O. : e-dutainment couvre l’ensemble des compétences professionnelles des programmes dispensés au CFA IGS : Ressources Humaines, Finance et Gestion, Commerce et Marketing. Nous l’avons aussi choisie pour ses modalités d’apprentissage ludiques qui sollicitent la compréhension des apprenants au travers des films récents et de contenus vidéo.

Après utilisation, quel bilan tirez-vous de cette expérience au plan pédagogique ?

E.O. : Nous avons lancé cette expérimentation en 2017 avec des retours très positifs des formateurs, des entreprises et plus encore des apprentis. Leurs niveaux de connexion sont tels que nous avons pris la décision de déployer cet outil, l’an prochain, sur l’ensemble de nos cursus !
Y.R. : Les étudiants sont toujours réservés face aux nouveaux produits pédagogiques. Mais nous avons constaté une corrélation entre un taux de connexion important et une meilleure compréhension des cours (certains de nos cursus sont dispensés à plus de 75 % en anglais).