Ingénieure Générale des Ponts, des Eaux et des Forêts, diplômée de l’Institut National Agronomique Paris-Grignon et titulaire d’un doctorat, avec une formation complémentaire de l’INSEAD, Anne-Lucie Wack devient directrice générale de Montpellier SupAgro en septembre 2013. Un parcours qui aurait pu en satisfaire beaucoup mais Anne-Lucie Wack ne se fixe aucune limite. En juin 2015, elle est élue présidente de la Conférence des Grandes Écoles : une première pour une femme !

Anne-Lucie Wack © Christian Jacquet

Anne-Lucie Wack © Christian Jacquet

Fait suffisamment rare pour être noté : dans les écoles d’ingénieurs agronomes, 70 % des étudiant-e-s sont des femmes, soit l’inverse des écoles d’ingénieurs « classiques » qui n‘en accueillent en moyenne que 30 % !

 

Les inégalités persistent même dans un secteur féminin
Même avec cette forte féminisation, on constate une différence dans les carrières entre les hommes et les femmes ! « J’étais ainsi la 1ère femme directrice générale de Montpellier SupAgro alors que l’école a 150 ans. Et je reste aujourd’hui la seule femme directrice générale d’une grande école d’ingénieurs agronomes. » Dès son arrivée à la direction générale de Montpelier SupAgro, Anne-Lucie Wack signe la charte égalité femmes-hommes de la CGE. Elle lance également le processus de modification des statuts de l’école, qui  inscrivent désormais l’obligation de parité dans la désignation de personnalités qualifiées dans les instances de gouvernance. Enfin, elle met en place un nouveau plan d’action développement durable intégrant des objectifs de parité.

 

« Avancer tous ensemble et à tous
les niveaux »

La 1ère femme élue présidente de la CGE
Même dans des milieux comme l’enseignement supérieur et la recherche, où il y a beaucoup de femmes, le leadership reste très masculin.  « Je suis la 1ère  femme à la tête de la CGE mais également la seule femme actuellement à la tête d’une conférence représentative de l’enseignement supérieur. Sur 216 écoles membres de la CGE, nous sommes ainsi 22 femmes en position de direction générale, soit 10 % seulement des dirigeants des grandes écoles. »

 

Des proportions quasi identiques dans le monde universitaire.
En entreprise, le constat est le même : les femmes sont sous-représentées au niveau des postes de management et de direction. La société dans son ensemble aurait à gagner avec plus de mixité et de parité. « C’est tout d’abord une question de bon sens : mieux vaut tirer parti de 100 % des cerveaux et des talents, plutôt que de puiser les ressources dans seulement la moitié de l’humanité ! Je trouve toujours gênant que l’on justifie le besoin de parité par le fait que femmes et hommes auraient des approches ou des aptitudes différentes, car il y a de ce point de vue sans doute plus de différences entre deux hommes ou entre deux femmes qu’entre un homme et une femme. »

 

S’identifier à des modèles féminins
L’époque actuelle est une période de transition au sein de laquelle le leadership reste très masculin. Il faut donc se donner les moyens d’accélérer cette évolution. « Je suis convaincue qu’il peut être très inspirant, pour nos jeunes étudiantes, de voir des exemples de femmes en position de leadership dans les administrations et dans les entreprises : demain, il faudrait que cela devienne banal, que ce soit la norme. Il faut que les jeunes femmes puissent s’identifier  à des modèles féminins et voir que cela est
possible pour elles. »

 

« Ne vous autocensurez pas ! »
1er conseil : « N’attendez pas qu’on vienne vous chercher, prenez votre place ! Et restez vigilantes par rapport aux stéréotypes de genre, qui font que l’on va vous orienter ou vous évaluer d’une façon qui n’est pas forcément pertinente. »
2e conseil : « Échangez avec d’autres femmes sur ces questions pour partager l’expérience, je crois beaucoup au mentoring dans ce type de situation. »
3e conseil :
« Assumez votre équilibre vie privée – vie professionnelle. Entourez-vous bien au sein de votre sphère privée et professionnelle, on ne réussit jamais seule ! »

 

VC