Tantôt venté comme un ticket magique vers l’innovation, tantôt décrié comme outil de pacotille, le Design Thinking, depuis ses prémices et jusqu’à nos jours, n’a dans tous les cas pas cessé d’irriguer de manière de plus en plus prégnante les Écoles et les entreprises. Mais quelle est au juste cette méthode ? Comment en comprendre l’esprit plutôt que le procédé? Le Design Thinking est-il mort ou vif ?

 

L’impasse Design thinking

Pour avoir vu faire dans différentes formations et avoir expérimenté moi-même l’approche Design Thinking avec des étudiants designers, managers ou ingénieurs ainsi qu’avec des entreprises, force est de constater que la méthodologie est souvent réduite à sa plus simple expression et présente une caricature d’elle-même. Le Design Thinking s’est atrophié par simplification.

Mais quelles sont les raisons principales de l’impasse que présente la méthode lorsqu’elle est réduite au procédé ?
Tout d’abord il est nécessaire d’évoquer le rapport au temps. En effet, la phase d’observation demande une imprégnation du contexte de manière approfondie, inventive, sensible auprès de profil variés d’usagers et ce temps d’immersion est rarement compatible avec  les temps de formation.  Les étudiants ou les entreprises restent donc avec une perception superficielle de l’approche.

Dans le même ordre d’idée, les étapes sont souvent expérimentées de manière linéaire. Il est rare de s’accorder le temps permettant l’itération des différentes phases de développement. La notion de boucles rapides et d’agilité n’est alors présentée qu’en théorie et n’est pas véritablement intégrée.

Autre écueil du procédé : la limitation de la divergence. Dans la conduite de projet, les propositions et décisions sont majoritairement basées sur la pensée déductive qui connecte des certitudes pour en obtenir d’autres. Et cela est pratiqué au nom de l’esprit cartésien. Mais Descartes lui-même dit : « l’intelligence seule est capable de connaître, mais elle peut être ou empêchée ou aidée par trois autres facultés, c’est à savoir, l’imagination, les sens, et la mémoire. ». Si l’on croit que l’intelligence peut être aidée plus qu’empêchée par ces facultés, il est  fondamental de laisser place à la pensée abductive dans le processus de conception. Sa logique est celle de l’interprétation. Elle permet le passage de l’indice à l’idée. Le principe de pensée abductive chère aux designers fait une place belle à l’imagination, et accepte les situations d’incertitude. Elle répond aux enjeux avec  la notion de pertinence plutôt que celle de vérité.

Pour une bonne pratique du Design Thinking, il est davantage question de pensée, d’état d’esprit que de procédé qui guiderait étape après étape vers l’innovation.

L’Esprit design,  sortir de la caricature Design Thinking

L’Esprit Design est le terme qui a été utilisé pour traduire l’ouvrage fondateur de Tim Brown. Si l’on en croit cet auteur, l’Esprit Design ne se définit pas par une série d’étapes divergentes et convergentes à traverser en boucles (même si ces procédés sont exposés dans son ouvrage) mais par une phrase qui synthétise ce sur quoi repose la méthode : « C’est une approche de l’innovation centrée sur l’humain qui utilise la boite à outils du designer pour intégrer les besoins des gens, les possibilités de la technologie et les exigences de la réussite commerciale.» Cette définition entre en résonance avec une phrase de Charlotte Perriand, célèbre designer française : « Un trait de crayon, c’est une forme, un usage, une technique, un prix, d’autres paramètres peuvent se greffer, mais c’est la base.»

Dans la pratique de l’esprit design, une conception juste, qui mènerait à un progrès pour l’usager, repose donc sur l’intersection subtile entre les techniques envisageables, le contexte économique environnant et les considérations humaines liées à la culture, l’esthétique, l’éthique, les besoins, l’envie, les  usages…

Le Design Thinking quand il n’est compris qu’au travers d’une méthode définie est évidemment sclérosant et voué à l’échec puis à l’extinction mais s’il est pratiqué dans une compréhension globale de ce qui constitue l’Esprit Design alors il permettra toujours l’attention à l’autre, le décloisonnement, le dynamisme et les remises en question qui sont les maîtres-mots des concepteurs pertinents. Tant que la pratique reposera sur des actions sans cesse renouvelées et réinventées, sur la pluralité des interprétations, l’exploration des possibles, alors l’Esprit Design restera  une mine pour l’innovation responsable ; une méthodologie en évolution, vivante.

Nathalie Savary, Responsable de la pédagogie & du développement, Ecole Supérieure de Design de Troyes –YSCHOOLS

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