Une nouvelle université. Formée en 2012, Aix-Marseille Université s’est structurée et imposée comme telle. A l’appui du projet d’établissement 2018-2022, son président Yvon Berland vise l’excellence. Pour cela il mise sur trois leviers : l’innovation, le renforcement du lien formation-recherche et la démarche qualité.

 

© DIRCOM AMU

Quel avenir dessine le projet d’établissement 2018-2022 pour AMU ?

Il aborde tous les sujets : formation, recherche, innovation. Je porte avec détermination cette dernière dimension. L’université doit évoluer. C’est en dialoguant et en impliquant chacun que nous impulsons, suscitons et déployons les changements nécessaires pour notre université. Nous ferons d’ailleurs partie des sept établissements qui vont expérimenter le nouveau dialogue de gestion avec l’Etat.

Quelles évolutions en matière de formation ?

Nous avons échangé avec les acteurs socio-économiques pour mieux cerner leurs besoins et attentes vis-à-vis d’AMU. Forts de cette compréhension, nous rénovons notre offre de manière à mieux insérer nos diplômés. Ils expriment notamment une attente de croisement des disciplines. Nous avons donc créé des pôles interdisciplinaires et transverses aux facultés, autour de thématiques comme le tourisme, le big data, le vieillissement de la population. Nous montons des doubles cursus comme celui en pharmacie et gestion ouvert à la rentrée 2018.

Quid de l’international ?

L’enseignement des langues et la mobilité internationale font partie de la dynamisation des formations. Nous avons déjà un Institut AMU au sein de l’université de technologie de Wuhan en Chine avec des formations en biologie et santé. Nous avons par ailleurs construit un campus transnational nord Méditerranée avec des partenaires à Rome, Madrid et Barcelone. Très prometteur, il fera l’objet d’un dépôt de projet européen.

Renforcer le lien entre recherche et formation, un axe stratégique ?

Cette évolution bénéficie aux masters mais aussi aux licences. Concrètement les étudiants ont accès aux unités de recherche, les chercheurs interviennent dans les formations, ils utilisent les plateformes de recherche dans le cadre de leurs enseignements.

Le plan prévoit la création d’Instituts ?

Le jury Idex nous a incité à monter des Instituts de niveau master et doctorat, transdisciplinaires et à vocation formation-recherche. Nous sommes en train de déterminer les thématiques, des domaines où AMU se positionne à haut niveau (comme les neurosciences) pour gagner en visibilité à l’international. Le premier devrait voir le jour fin 2018.

Et la Cité de l’innovation ?

Installée dans un immeuble emblématique du nouveau Marseille, Le Castel, nous portons la Cité de l’innovation en partenariat avec la métropole Aix-Marseille, CMA CGM et l’Occitane. Les locaux de 3 000 m2 ouverts en septembre proposent une approche intégrée de l’innovation, avec un fort prisme sur l’entrepreneuriat ; en collaboration avec nos laboratoires, l’Inserm, le CNRS, le CEA, la SATT pour la valorisation.

Vos règles managériales de président de la plus grosse université de France ?

  1. Pour faire les choses, il faut du temps ! Dans ma profession de foi pour prendre la tête de l’université de Méditerranée en 2004 j’avais écrit qu’il nous fallait une université fusionnée. AMU est née en 2012 et j’en suis à mon 4ème mandat de président ! AMU est considérée par beaucoup comme la Cour des Comptes et l’HCERES, comme une réussite !
  2. Gérer une université est parfois un combat, mais c’est surtout le fruit d’un travail et d’un engagement collectif. J’ai toujours porté une grande attention à la qualité des relations sociales et de la QVT
  3. Je suis un adepte du dialogue et de la collaboration. Je réunis fréquemment ma gouvernance, les doyens, les VP, les chargés de mission, les syndicats. Une université n’est pas une addition de composantes. Chacune doit jouer un rôle et placer son expertise au bénéfice de l’ensemble. Pas de pré carré à AMU !

« La non-sélection à l’entrée de nos formations fabrique de la sélection sociale »