En 2000, à l’aube du nouveau millénaire, Thabo Mbeki président Sud-Africain, affirmait, que le 21e siècle serait celui de l’Afrique. Pour que le continent africain puisse voir cette prédiction devenir réalité, l’Afrique devra faire face à de nombreux défis. – Par Armelle Dufour, Directeur des projets Global Initiatives, HEC Paris – Executive Education, Conseillère du Commerce Extérieur de la France

 

 

Avec la fin du super-cycle des matières premières marquée par la chute brutale des cours du pétrole, du cuivre et du minerai de fer liée au ralentissement de l’économie chinoise et au durcissement des conditions financières mondiales, les économies africaines voient leur rythme de croissance ralentir.

Selon les estimations de la Banque Mondiale, le taux de croissance moyen pour l’année 2016 devrait se situer autour de 2,5 % et devrait remonter et se stabiliser autour de 4,8 % en 2017, mais loin derrière la moyenne de 6,5% enregistrée dans la région de 2003 à 2008.

Cette reprise annoncée de la croissance s’explique principalement par la hausse continue de la consommation privée et le dynamisme de la demande des classes moyennes, mais également par l’augmentation des investissements dans de nombreux secteurs particulièrement porteurs, comme l’énergie, l’agriculture, ou encore les services.

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Construire une Afrique prospère fondée sur une croissance inclusive et un développement durable

Dans ce contexte et pour assurer une base de croissance plus saine, plus maitrisée et créatrice d’emplois, les pays africains sont confrontés à la nécessité, devenue priorité, de changer de modèle de développement, et ainsi d’accélérer la diversification de leurs économies.

De nombreux pays du continent ont anticipé et accéléré la diversification de leur économie et bénéficient aujourd’hui des fruits de cette stratégie. Le développement durable, inclusif et responsable du continent africain sera donc déterminant pour la stabilité du 21e siècle.

 

L’éclosion du continent sur la scène économique mondiale est une chance

Dans ce contexte, on assiste à l’émergence progressive d’un marché véritablement panafricain qui permet l’apparition d’un tissu d’entreprises locales connaissant parfaitement leur environnement et qui renforcent leur capacité de développement chaque jour davantage.

L’éclosion récente du continent sur la scène économique mondiale est aujourd’hui considérée comme une chance. L’Afrique dans son ensemble continue d’attirer toujours plus d’investisseurs et d’investissements. Le continent est aujourd’hui considéré comme l’une des régions les plus attractives et bénéficie d’un potentiel élevé avec des perspectives importantes.

Cet optimisme unanimement partagé s’explique aisément. La structuration de zones de libre-échange et le développement des relations commerciales intra-africaines permettent de renforcer l’attractivité de ces nouveaux marchés et d’explorer de nouveaux circuits de distribution.

Le climat des affaires s’est également amélioré, notamment avec l’apparition d’organisations régionales et continentales ayant pour objectif d’établir un environnement juridique et réglementaire harmonisé, comme le montre par exemple l’initiative panafricaine de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), permettant aux investisseurs de bénéficier de règles communes et prévisibles dans l’ensemble des 17 législations participant à l’initiative. Cette amélioration de l’environnement des investissements permet d’envisager une croissance élevée sur le long terme.

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L’éducation, un enjeu majeur pour le développement du continent

Toutes ces raisons d’espérer dans le développement de l’Afrique encouragent ainsi les jeunes africains diplômés en France à rentrer chez eux. Mais cette nouvelle tendance trouve aussi son explication dans la politique amorcée par certains Etats africains, qui consiste à inciter leur matière grise établie en Europe, Amérique, ou en Asie, à rentrer afin de contribuer au développement de leur pays.

L’enseignement supérieur sera un facteur clef pour la réussite de cette transformation, afin de répondre aux besoins des entreprises et d’assurer la pérennité du changement : tous les domaines scientifiques sont fortement investis, ainsi que les domaines de la gestion et du management, dans l’attente d’une offre d’excellence aux standards internationaux.

Les jeunes diplômés doivent devenir des entrepreneurs-managers, car aujourd’hui il y a beaucoup d’entrepreneurs en Afrique, mais peu « d’entrepreneurs managers ».

Forts d’une histoire et d’une culture commune, les établissements supérieurs en France ont leur rôle à jouer.

HEC Paris est présente en Afrique depuis de nombreuses années pour accompagner la démarche de transformation des entreprises et des administrations publiques. Au-delà des fondamentaux de son excellence (recherche, dimension internationale, forte sélectivité, proximité avec les entreprises), HEC Paris se distingue par ses axes stratégiques prioritaires que sont : l’Entreprenariat et l’Innovation, la transformation digitale et la responsabilité sociétale. Sa communauté multiculturelle et cosmopolite, ainsi que le nombre important de ses Alumni notamment en Afrique, sont des facteurs de choix indéniables pour les futurs managers africains et internationaux, qui désirent construire l’Afrique de demain et prendre part activement au développement pérenne du continent.