Après deux ou trois années d’intense préparation et une longue période de concours écrit et oral, l’heure est au verdict ! Les résultats des écoles sont tombés, et certains d’entre vous sont admis en liste principale ou complémentaire dans plusieurs écoles. Vient alors la question fatidique du choix, de la décision, à laquelle il faut murement réfléchir. Admis ! Quelle joie ! Mais quelle école choisir maintenant ?

 

La meilleure école du classement
La position des écoles dans les classements constitue le 1er critère objectif retenu par la plupart de nos étudiants préparationnaires interrogés. En effet, l’idée d’une hiérarchie entre les écoles est bien souvent véhiculée par les prépas et les équipes pédagogiques elles-mêmes. Les élèves évoluent donc avec cette représentation au cours de leur préparation et de leurs concours. « L’ordre du classement révèle les écarts de réputation et de reconnaissance des écoles. J’opterai pour la meilleure école possible, c’est-à-dire celle qui aura le rang le plus élevé parmi celles où je serai admis », témoigne Clément, étudiant ECS du lycée Kléber de Strasbourg.

 

L’orientation pédagogique de l’école
Malheureusement, les candidats méconnaissent très souvent l’offre pédagogique des diverses écoles. Il faut savoir que les grandes écoles, bien que généralistes, possèdent des positionnements distincts et développent de plus en plus des stratégies de différenciation dans leur orientation. C’est pourquoi, lors de votre future réflexion, le projet pédagogique de l’école devrait être mis en relief avec votre projet professionnel, vos intérêts et vos goûts, afin d’identifier les points d’ancrage entre l’ambition de l’école et vos objectifs. Pierre, en 2e année d’ECS à Ipésup, déclare qu’il regardera de près les débouchés principaux offerts par la formation des écoles. « Mon choix ne sera pas forcément dicté par les classements. Je cherche une école qui corresponde avant tout à mon profil », témoigne-t-il. Aussi, Sophie, en 2e année d’ECE du lycée Henri IV, sera attentive à la qualité des doublecursus Droit proposés par les écoles. Cette dernière souhaite, en effet, travailler dans le droit des affaires, pour lequel une double formation école de commerce/faculté de droit est particulièrement appréciée.

 

Le choix du coeur
Les journées d’épreuves orales sont l’occasion pour vous de découvrir les écoles et leur environnement, de sonder en direct l’ambiance et l’atmosphère du campus et d’y rencontrer ses étudiants. Ces journées sont essentielles car elles forment vos impressions et votre ressenti sur place, éléments clés de votre future décision. « Il ne faut pas avoir une idée figée de l’école et faire l’effort d’aller à sa rencontre », conseille Inès, en 2e année d’ECT du lycée Michelet à Paris. En effet, c’est lors de cette expérience directe de l’école, que vous serez en mesure de vous y projeter, et d’évaluer si cette dernière vous convient. « Sur place, je chercherai à voir si l’école est susceptible de me plaire et si ses étudiants y sont épanouis. Le classement importe peu si on ne s’y sent pas heureux », déclare Laura, en 2e année d’ECS du lycée Hélène Boucher à Paris.

 

L’avis du prof’
Thomas Snégaroff, professeur de géopolitique en prépa ECS, lycée St Jean de Douai :
Peu d’étudiants choisissent réellement leur école en connaissance de cause. Il s’agit de cas à la marge. Le choix se fait en fonction des classements des écoles publiés par les diverses revues : l’Etudiant, Challenges , etc., sans considération des orientations professionnelles possibles des diverses écoles. La faute est aux classes préparatoires dont le discours ne se construit qu’au travers du prisme des classements officiels. Il y a pour moi une sorte d’aveuglement collectif sur cette question. Un vrai travail de fond doit être entrepris par les classes préparatoires et les étudiants, afin de se donner les moyens d’intégrer mais aussi de choisir son école. Malheureusement, nous demeurons encore trop prisonniers de cette « hiérarchie » entre les écoles, et la décision finale se résume le plus souvent à un choix par défaut.

 

AB