Pour Pascal Quint,  secrétaire général du groupe Accor, il est important de voir la gestion des risques comme faisant partie intégrante de la  gestion de l’entreprise et d’avoir une vision opérationnelle de ce que peuvent être les risques.  Le premier opérateur hôtelier mondial s’est doté d’une cartographie des risques.  Explications.

 

Pascal Quint

Pascal Quint (maîtrise de droit privé, LLM de droit international Exeter), secrétaire général, membre du comité exécutif du Groupe Accor

Une préoccupation globale de gestion des risques
1er opérateur hôtelier mondial, couvrant l’intégralité des segments du très économique au luxe, le groupe Accor a l’ambition d’ici 2015 de devenir l’un des 3 leaders mondiaux de l’hôtellerie, grâce à une politique d’expansion ambitieuse. A côté de la gouvernance qui représente une part importante des attributions de Pascal Quint, ses autres fonctions, juridique, assurances, gestion des risques et audit, procèdent de la préoccupation globale de gestion des risques. Elles ont notamment pour ambition d’être capables d’identifier tous les risques possibles et imaginables auxquels l’entreprise est exposée, d’essayer de les réduire, d’améliorer leur niveau de maîtrise et de gérer les crises quand elles surviennent.

 

Une vision opérationnelle des risques via la cartographie des risques
« Nous utilisons l’outil classique de la cartographie des risques élaboré par la direction de la gestion des risques. » Cette synthèse des risques opérationnels identifiés à l’échelon local et des risques principaux à l’échelle du groupe – risques financiers, géopolitiques, risques liés à des changements de législation, etc. – est mise à jour chaque année. Elle permet de montrer aux administrateursmembres du comité d’audit et des risques quels sont les risques les plus importants en termes de criticité. Pour qualifier le risque, une notation est élaborée en croisant la gradation en termes d’impact potentiel (impact monétaire, en termes d’image, …), avec la probabilité que le risque survienne, ce qui détermine le niveau de criticité, que l’on pondère ensuite par le niveau de maîtrise que l’on peut avoir du risque.

 

Le pilotage des risques, un élément clé de la performance
« Aujourd’hui, une entreprise digne de ce nom ne peut pas échapper à la mise en place d’un dispositif sophistiqué en matière d’identification et de maîtrise des risques. Si le niveau de criticité d’un risque est élevé et que son degré de maîtrise s’avère insuffisant, nous mettons en place un plan d’actions. Nous travaillons sur des Plans de Continuité d’Activité (PCA) ou des Plans de Reprise d’Activité (PRA) qui ont pour objectif de s’assurer que nous sommes organisés pour continuer l’activité ou la reprendre lorsque le risque est survenu ; un travail lourd qui se fait en coordination avec toutes les fonctions opérationnelles et les fonctions support du groupe. »

 

Des profils spécialisés
La gestion des risques requiert une formation de type école de commerce ou d‘ingénieurs, droit, complétée par un master 2 en gestion des risques. L’expérience peut s’acquérir via les stages, « nous avons un spécialiste qui a commencé sa carrière dans la gendarmerie nationale. » Les spécialistes du risque doivent développer un réseau fort avec les autorités chargées de tous les sujets de type risque – police, justice, etc. – et avec leurs homologues dans les grandes entreprises, ce qui permet l’échange d’informations et de bonnes pratiques. « Nous prenons régulièrement des stagiaires d’écoles de gestion ou d’ingénieurs, qui ont complété leur cursus. Pour l’audit interne, nous avons surtout recours à des diplômés d’écoles de commerce ».

 

La cartographie des risques, véritable outil de communication
« Chaque année, nous essayons d’augmenter la transparence, de mieux communiquer sur les dispositifs de gestion de risque et sur les risques eux-mêmes. La cartographie des risques a une vraie valeur pour l’entreprise, elle permet au marché et à nosactionnaires de comprendre quels sont notre niveau de sensibilité aux risques et notre expertise pour les maîtriser. Nous devons être capables de les rassurer sur le fait que nous sommes dans un univers comptant de nombreux risques mais que nous essayons d’être les plus professionnels possibles pour les maîtriser. Cette année, pour la première fois, nous l’avons d’ailleurs intégré à l’ordre du jour de l’assemblée générale. »

 

A.M.

 

Contact : pascal.quint@accor.com