Pièce d’identité, bulletins de salaire, justificatif de domicile, avis d’imposition… Cette liste vous est familière ? C’est celle des documents habituellement réclamés par les propriétaires pour juger de la solidité du dossier du locataire… ou de son garant quand il s’agit d’un étudiant.

Mais tout le monde n’a pas la chance d’en avoir un. N’y a-t-il pas de solution sachant que le risque d’impayé est très faible et la crainte des propriétaires très forte ? Boulevard-21 vous apporte ici son analyse sur deux nouvelles mesures récemment mises en place par l’Etat, et passe un appel pour une initiative privée ambitieuse.

Et si l’Etat se portait garant des étudiants ? Oui, mais…

L’Etat a récemment annoncé qu’il se porterait garant de tous les étudiants de moins de 28 ans ne disposant pas de caution familiale, amicale ou bancaire. Le montant des loyers couverts sera de 500€ en province, 600€ en Ile-de-France et 700€ à Paris. En outre, les étudiants seront dispensés du règlement de la caution. En retour, ils devront cotiser à hauteur de 1,5% de leur loyer charges comprises. Cette innovation a de quoi rassurer les propriétaires, à moins que…

En effet, si cette innovation est une véritable aide pour les étudiants ayant des difficultés dans leur recherche de logement, il se peut que les propriétaires ne jugent pas de la même manière un dossier avec une garantie apportée par l’Etat et un dossier avec une garantie personnelle. Autrement dit il y a fort à parier que les propriétaires continuent à préférer les dossiers de locataires avec des garanties personnelles plutôt qu’une garantie de l’Etat avec qui le rapport de force serait déséquilibré. Il y a donc un risque que cette mesure, prise isolément, n’aie qu’une portée limitée, malheureusement…

Et si la clause de solidarité lors d’une colocation était assouplie ? Oui

On le sait, la colocation est une formule fréquemment utilisée par les étudiants. Auquel cas les propriétaires demandent quasi-systématiquement une clause de solidarité entre les colocataires, et par conséquent entre leurs garants. Et c’est là que le bas blesse (ou plutôt, blessait), car en matière juridique, la garantie donnée par un garant continuait même après le départ du colocataire concerné, et ce jusqu’à l’extinction du bail ou au mieux, jusqu’à la fin de la première période de renouvellement, c’est à dire 3 années…

Avec la loi ALUR nouvellement votée, les colocations ont désormais un nouveau cadre juridique qui prévoit un contrat type spécifique et un changement des règles de solidarité des colocataires et de leurs cautions. En effet, lorsqu’un locataire quitte sa coloc’, il n’est plus solidaire des loyers si un autre locataire prend sa place, et dans le cas où il n’est pas remplacé, son engagement expire au bout de 6 mois après son départ. De plus, l’acte de cautionnement doit identifier le locataire dont le départ mettra fin à l’engagement de caution, sous peine de nullité. Et cette nouvelle règle s’applique à tous les contrats signés à partir du 27 mars 2014, et vient apporter une réelle amélioration pour faciliter le développement des colocations.

Et si les alumni étaient la solution ?

Et si les alumni eux-mêmes se portaient garants des jeunes étudiants qui en ont besoin. Voilà une idée un peu « folle », dont Boulevard-21 a fait son cheval de bataille en se mettant à la recherche de partenaires, entreprises, écoles, fondations, ou associations de diplômés, qui seraient prêts à s’engager dans cette voie. Il s’agirait de mobiliser les alumni, à l’image de ceux qui ont eu à cœur de soutenir leurs écoles en faisant des donations à leurs fondations respectives. L’apport de cette garantie aurait un impact positif très fort pour les étudiants locataires, tout en ayant l’avantage de ne rien coûter au garant.

Une occasion rêvée pour les Grandes Ecoles de mettre en place un système qui renforce les liens entre alumni et étudiants, et pourrait être un atout pour attirer des étudiants étrangers. Pour les entreprises, ce serait l’occasion de valoriser leur marque employeur en proposant des actions concrètes en faveur de leurs (futures) recrues.

Chiche ?

 

L’équipe de Boulevard 21

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