Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg est également le président de la LERU, la ligue européenne des univers ités de recherche. La ligue rassemble 21 universités de recherche intensive. Sa vocation : défendre la recherche et veiller à qu’elle soit considérée comme une priorité à l’échelle européenne. Entretien.

 

Alain Beretz, président de l'Université de Strasbourg est également le président de la LERU depuis mai 2014 ©Jean-François Badias

Alain Beretz, président de l'Université de Strasbourg est également le président de la LERU depuis mai 2014 ©Jean-François Badias

Qu’est-ce que la LERU ?
C’est un regroupement d’universités de recherche intensive. Fondée par des universités de premier plan comme Cambridge, Leiden ou Leuven, la ligue s’est élargie à 21 membres par cooptation, académique. Etre membre de la LERU est valorisant pour une université mais ce n’est en aucun cas un classement ni un label.

 

Quelle est sa vocation ?
Notre principal but est de militer pour la recherche ; et notamment la recherche « de base », la recherche fondamentale. Nous militons aussi pour les universités soient reconnues comme étant des acteurs principaux de la production de cette recherche. Nos membres promeuvent et défendent sur le terrain européen une vision commune de l’enseignement supérieur et de la recherche ; une certaine idée de l’université, de sa place dans la société. Cette stratégie entend bénéficier à l’ensemble du monde universitaire.

 

« La LERU milite
pour que les
universités soient considérées comme un investissement clé pour l’avenir de nos sociétés européennes. »

Un exemple d’action récente de lobbying réussi ?
Notre travail d’influence a permis de préserver 2,7 Mds€ de fonds alloués dans le cadre du programme Horizon 2020 à des outils fondamentaux pour le bon fonctionnement de l’enseignement supérieur et de la recherche : le Conseil européen de la recherche et les actions Marie Curie de soutien aux chercheurs. Il est absolument essentiel que la recherche soit considérée comme un investissement pour construire l’avenir de l’Europe.

 

Comment travaillez-vous plus généralement ?
Nous avons des groupes de travail thématiques. Ils produisent de la documentation sur des sujets variés : évaluation de la recherche, femmes dans l’université, e-learning, formation doctorale, open data, etc. Nous produisons aussi des papiers plus techniques sur l’espace européen de la recherche ainsi que des papiers d’opinion, des recommandations pour les universités, les gouvernements, la commission européenne.

 

La LERU
• Fondée en 2002 avec 12 membres
• Elle compte aujourd’hui 21 universités européennes de recherche
• Dont 3 françaises : UPMC, Paris-Sud et Strasbourg
• Liste des membres sur : www.leru.org
550 000 étudiants dont 50 000 doctorants
55 000 diplômés de master/an et 12 000 thèses
55 000 personnels académiques
• Budget total pour la recherche : 5 Mds€
300 M€ de fonds européens alloués à des chercheurs de la LERU
230 Prix Nobel ou médaillés Fields ont enseigné ou étudié dans une université de la LERU

 

Qu’est-ce qu’une université de recherche ?
Quatre associations mondiales d’universités de premier plan se sont réunies en 2013 Chine à Hefei : la LERU, le Go8 (Groupe des 8 australiens), l’AAUC (Association des universités américaines) et le C9 (Consortium des 9 universités de recherche chinoises). Dans leur « Déclaration de Hefei » elles exposent 10 critères essentiels qui selon elles, caractérisent une université de recherche. Les associations insistent notamment sur : la recherche de l’excellence et de hauts standards d’intégrité afin de garantir l’impartialité des travaux ; la liberté académique afin de contribuer à éclairer un monde complexe et changeant ; mener des efforts importants de recherche de haut niveau, dans de nombreux domaines et incluant la formation de futurs chercheurs.

 

A. D-F