Spécial Président(e)s

 

« Le monde a besoin d’une gouvernance mondiale renouvelée sur les sujets de la croissance et de l’énergie. Les grandes écoles ont un rôle déterminant dans la formation des futurs acteurs de ce dialogue mondial. »
Pierre Gadonneix Polytechnicien et diplômé de l’ENSPM Président du Conseil Mondial de l’Energie Président du Conseil de surveillance de Latécoère Président du Harward Business School Club de France

 

Pierre Gadonneix Polytechnicien et diplômé de l’ENSPM Président du Conseil Mondial de l’Energie Président du Conseil de surveillance de Latécoère Président du Harward Business School Club de France

Pierre Gadonneix Polytechnicien et diplômé de l’ENSPM Président du Conseil Mondial de l’Energie Président du Conseil de surveillance de Latécoère Président du Harward Business School Club de France

Quelle est votre vision des Grandes écoles pour la formation d’ingénieurs et de managers ?
La formation en général et la formation dans l’enseignement supérieur constituent aujourd’hui un enjeu majeur du développement économique. Tous les pays développés ainsi que les pays émergents font la différence sur leur capacité à préparer l’avenir à travers la formation. Au cours des trois dernières années, la France a pris la mesure du défi que représentait le fait de reconsidérer notre performance en matière de formation supérieure. Le phénomène du classement de Shanghai ayant suscité une prise de conscience, il était nécessaire d’innover pour réconcilier les trois pôles de compétence que constituent la recherche, les grandes écoles et l’université. Le mouvement est lancé pour faire progresser la performance française dans la compétition internationale. Les grandes écoles représentent une composante majeure du système de formation français. La conjonction entre recherche, grandes écoles et universités devrait aboutir à une conjugaison des points forts de chaque système respectif, et non à un nivellement ou lissage par le bas.

 

L’avenir de l’industrie française aéronautique dans la mondialisation
L’aéronautique française est un secteur d’excellence et de réussite industrielle extraordinaire qui fait jeu égal avec les Etats-Unis pour le partage du marché mondial. Airbus et Boeing règnent à égalité sur ce monde. Le dernier salon du Bourget a parfaitement démontré les performances de l’industrie française dans ce domaine, tout en mettant en exergue ses bons choix stratégiques. Par exemple, l’A320 va être prolongé pendant quelques années grâce à une remotorisation. Si ce succès repose sur le travail des ingénieurs d’Airbus et d’EADS, c’est également une réussite de la filière aéronautique dans son ensemble. Elle a su trouver une excellente organisation du travail, notamment dans le cadre des relations entre fournisseurs. En effet, les fournisseurs et les constructeurs sont responsables à long terme, l’Etat jouant un rôle essentiel pour encourager l’innovation. La société Latécoère, que je préside, fait partie intégrante de cette réussite. Le secteur de l’aéronautique allie innovation et sécurité. La sécurité qui constitue une priorité, est assurée par des règlementations comportant des exigences extrêmement sévères et précises. Je note qu’il s’agit d’un vrai défi pour les nouveaux entrants.

 

Des besoins en ingénieurs ?
La crise financière a révélé le besoin en ingénieurs car la croissance et le développement économiques ne peuvent s’en passer ; acheter des produits fabriqués par d’autres demeure insuffisant. Dans ma carrière, j’ai eu la chance de travailler dans deux secteurs très performants, le nucléaire et l’industrie aéronautique, qui ne peuvent poursuivre leurs réussites qu’en recrutant des ingénieurs pour préparer les innovations de demain. Pour les y encourager, il faut développer des pôles multi compétences car la science est utile dans toutes les disciplines. Cette année, la société Latécoère (chiffre d’affaires de 500 millions d’euros) qui fournit Airbus, Boeing et Bombardier, a recruté 400 personnes. Il en va de même sur l’ensemble de la filière. Le pôle de compétences de Toulouse attire ainsi beaucoup de jeunes diplômés.

 

Le Conseil mondial de l’énergie
Il s’agit d’une organisation non gouvernementale regroupant les acteurs du secteur industriels, régulateurs, ONG, chercheurs) d’une centaine de pays et représentant toutes les énergies (charbon, pétrole, gaz, hydraulique, nucléaire, solaire, éolien, biomasse etc.). Sa mission consiste à échanger sur une dizaine de thèmes (les technologies et ressources, les scénarios d’évolution du mix, les politiques publiques de l’énergie, la pauvreté énergétique, le transport, etc.), au sein de groupes d’études qui rassemblent des experts venant de tous les pays et d’horizon divers. Ainsi, le rapport d’une taskforce spéciale sur le nucléaire après Fukushima a-t-il été préparé par des experts venant aussi bien d’Italie, de Roumanie, d’Allemagne, du moyen orient, du Brésil, de France etc.

 

Patrick Simon