Une soutenance de thèse, un PowerPoint à présenter à votre équipe, une table ronde à animer ? Adrien Rivierre, auteur de Prendre la parole en public pour marquer les esprits (éditions Marabout) vous donne les clés pour ne pas vous liquéfier devant votre public et taper dans le mille à tous les coups devant votre audience.

 

Parlez avec justesse

#1 Connaissez votre audience. Etre juste c’est avoir la capacité de choisir un message, un ton, un argument, des idées en adéquation avec votre audience, ses attentes et son degré de connaissance de votre sujet. Ainsi, devant des experts, vous pourrez utiliser des acronymes, citer des auteurs sans préciser qui ils sont… Dans le cas contraire, un rappel du contexte est indispensable.

# 2 Insistez sur votre message principal. S’il ne fallait retenir qu’un seul message de votre allocution, quel serait-il ? Identifiez-le et martelez-le. Votre public doit être capable de s’en rappeler quelques semaines après votre intervention.

Parlez avec conviction

#3 Hiérarchisez les infos. Mettez sur la table tous les éléments (arguments, faits, chiffres, exemples…) que vous souhaitez avancer puis organisez les pièces du puzzle. Evitez la description, au risque d’être monotone.

#4 Marquez les esprits avec simplicité. Evitez le jargon, les mots ampoulés et utilisez plutôt des métaphores, des analogies… Bref, mettez-vous dans la peau de votre auditoire.

 

Parlez avec assurance

#5 Kiffez votre discours. On est toujours plus motivé (et donc moins stressé) à prendre la parole quand on a envie de partager son message. Projetez-vous dans la prise de parole de façon po-si-ti-ve.

#6 Faites une présentation qui vous ressemble. Restez fidèle à votre énergie, à qui vous êtes. Par exemple, si l’humour est un outil souvent utilisé par les orateurs, il n’est opportun que s’il vous met à l’aise. Avant de faire un mot d’esprit, assurez-vous d’abord qu’il vous fait rire.

#7 Préparez, préparez, préparez ! Votre taux de stress sera inversement proportionnel à la masse de travail que vous aurez abattue. Et pour cela tous les moyens sont bons : apprenez vos notes par cœur, répétez devant une glace, enregistrez-vous…

 

Parlez avec votre corps

#8 Ne laissez pas vos gestes vous trahir. Debout ou assis, tenez-vous droit, les pieds ancrés dans le sol, les épaules alignées avec les hanches. Gardez vos mains toujours visibles, ne mettez pas vos bras derrière le dos, évitez les auto contacts qui traduisent votre stress et contenez vos gestes entre le cou et le bas du ventre. Ne croisez pas les jambes, ça vous évitera le moment délicat de les décroiser !

#9 Regardez tout le monde. Ne vous cachez pas derrière vos notes et ne vous fixez pas uniquement sur les regards bienveillants de l’assemblée.

#10 Connaissez votre voix. Identifiez bien votre volume et votre débit vocal (fiez-vous pour cela à ce que les autres disent de vous). Informez-vous en amont de votre intervention sur la configuration des lieux (micro, petite salle, amphithéâtre…) pour anticiper.

#11 Respirez ! Un ton monocorde c’est l’ennui assuré. Apprenez à rompre le rythme. Par exemple, accélérez votre débit vocal pour raconter une anecdote et ralentissez-le pour évoquer un argument clé. N’ayez pas peur du silence, il semble toujours plus long à l’orateur qu’à son public. En tout état de cause, il sera toujours préférable à des « euh » intempestifs.

Que faire en cas de trou de mémoire ?

Relativiser ! Si vous connaissez le message que vous voulez passer, vous ne savez pas forcément comment vous allez l’exprimer en réalité. Avoir un trou c’est oublier une ligne de sa partition. Or, prendre la parole en public c’est flirter avec l’improvisation et la pièce de théâtre. Votre audience ne sait pas ce que vous allez dire, ni comment vous allez le dire : elle ne remarquera sans doute pas que vous avez un trou !

 

Parlez avec style

#12 Trouvez VOTRE style. Celui qui vous met à l’aise et qui vous donne du plaisir. Ne singez jamais.

#13 Utilisez des figures qui marchent à tous les coups. L’accumulation ou l’anaphore (qui a récemment fait ses preuves au plus haut niveau de l’Etat), le rythme ternaire (si la valse à trois temps a traversé les siècles, ce n’est pas pour rien) ou la question rhétorique qui permet d’impliquer l’audience en lui renvoyant la balle.