Spécial recrutement : les attentes des rh face à la génération Y

35 840 €,
c’est le salaire brut annuel perçu en moyenne par les diplômés 2010 d’une grande école un an environ après avoir quitté leur établissement, révèle l’enquête Insertion des jeunes diplômés 2011 de la CGE. Un montant élevé donc, mais qui est largement surpassé dans certaines écoles en haut de classement : 50 800 € pour HEC, 50 000 € pour Polytechnique, 48 851 € pour l’ESSEC, 47 979 € pour Centrale Paris ou encore 47 087 € pour ESCP Europe.
L’enquête menée par la CGE révèle par ailleurs que les jeunes managers perçoivent en moyenne plus que les jeunes ingénieurs, avec une rémunération primes incluses de 38 420 € pour les premiers, et de 34 800 € pour les deuxièmes.
L’écart entre la rémunération perçue en France et celle obtenue à l’étranger s’avère quant à elle considérable puisqu’en moyenne, elle s’élève à 43 737 € à l’étranger pour 34 880 € en France. Les jeunes diplômés sont cependant peu nombreux à commencer leur vie active en dehors de l’hexagone : 11,9 % des ingénieurs et 16,5 % des managers pour la promotion 210.
Enfin, les différences de rémunération selon le sexe restent frappantes. Ainsi, le salaire des femmes ingénieures est en moyenne plus faible que celui de leurs homologues masculins (environ 31 000 € pour 33 000 €). Le même écart s’observe chez les managers, où ces dames perçoivent en moyenne environ 33 000 € alors que les messieurs, eux, gagnent quelques 35 500 €. Séverine Jauffret, directrice des relations étudiants entreprises de l’ESSEC attire toutefois l’attention sur le fait que « les différences de salaire hommes/femmes dépendent de la fonction surtout, et aussi du secteur d’activité. » Les femmes vont ainsi davantage s’auto-censurer, et avoir tendance à préférer des secteurs moins rémunérateurs comme la communication ou le marketing. A HEC par exemple, 10 % des jeunes diplômées se dirigent vers le secteur de la banque, alors que chez leurs camarades du sexe masculin, ce chiffre est trois fois supérieur. Cet écart selon le sexe augmente lorsque l’on s’intéresse non plus au salaire mais à la rémunération moyenne, qui prend en compte la partie variable (primes, bonus…). « Les filles ne savent pas négocier les variables » explique Séverine Jauffret, ajoutant qu’il faut « faire prendre conscience aux femmes qu’il y a quelque chose à faire » mais que les choses commencent déjà à changer avec l’apparition d’un débat sur les questions de diversité en entreprise, et la naissance d’associations comme Women Up, qui rassemble des étudiants et jeunes diplômés ayant décidé d’agir en faveur de la mixité.

 

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau