Après la sortie du dernier rapport du GIEC faisant état de l’urgence d’une action climatique, la Chine est à la croisée des chemins.

La poursuite effrénée d’un taux de croissance à deux chiffres a conduit les entreprises chinoises, depuis une trentaine d’années, à des aberrations écologiques autant qu’à des désastres sociaux. La Chine accumule ainsi de bien tristes records. Elle est désormais le pays émettant le plus de gaz à effetde serre de la planète. Elle compte 13 des 20 villes les plus polluées au monde (Pékin étant la première). Le charbon (soit la source énergétique la plus polluante de la planète) représente 70 % de l’énergie consommée en Chine. Or à l’heure où le système économique actuel s’apparente plus à une « danse » au bord du volcan qu’à un modèle d’efficacité et de vertu, il semblerait que la Chine ait désormais en grande partie l’avenir du monde dans ses mains. Elle est en effet responsable non seulement de son propre modèle de développement, mais aussi de celui de plusieurs centaines de millions d’Africains (la plupart des infrastructures actuellement en chantier en Afrique sont construites par des entreprises chinoises).

La pollution et les dégradations environnementales
font aujourd’hui
en Chine près de
700 000 morts par an.

Les choix faits par la Chine aujourd’hui et dans les deux prochaines décennies sont donc absolument cruciaux. Des initiatives allant dans le bon sens sont déjà prises. Le gouvernement accorde de plus en plus de généreuses subventions aux entreprises productrices d’énergies renouvelables. Le plan quinquennal adopté par le gouvernement sur la période 2011- 2015 engage des efforts dans le bon sens : passage de la part des énergies renouvelables dans la consommation de 8 % à 11,4 %, limitation de la déforestation, réduction des émissions de gaz à effet de serre… La société civile prend elle aussi la mesure de cet enjeu : on compterait environ 50 000 manifestations liées à l’environnement par an dans le pays. Les citoyens se mobilisent pour influer sur les politiques des gouvernants : par exemple lorsque cet été des manifestants ont réussi à faire retirer le projet d’un complexe nucléaire situé à quelques kilomètres seulement des grandes agglomérations de Heshan, dans le sud du pays.
Cependant ne nous voilons pas la face : ces avancées ont beau être positives, elles ne sont que des corrections marginales, et ne sauraient avoir des résultats suffisants pour assurer l’avenir de la planète. Tant que le gouvernement chinois ne remettra pas en cause son système économique pour passer à un modèle fondamentalement respectueux de l’environnement et des êtres humains, les rapports climatiques seront d’année en année plus négatifs et plus alarmistes. Mais il ne pourra y arriver seul. En effet, le bilan carbone de la Chine est considérablement alourdi par les nombreuses entreprises occidentales ayant délocalisé leur production dans le pays, employant des travailleurs dans des conditions misérables. Les pays développés ont donc une responsabilité dans ce changement de paradigme économique, qu’ils doivent assumer. Ainsi, si les choix de la Chine sont vitaux pour notre planète, ils ne pourront être mis en oeuvre s’ils sont isolés. L’heure du choix n’est donc pas arrivée seulement pour la Chine, mais bien pour le monde entier.

 

EELV (EUROPE ECOLOGIE LES VERTS)
Vincent Guénon (promo 2015)