Philippe Courtier, directeur général de l’UTC, s’est livré pour nous à un exercice de prospective : imaginer l’université de technologie de Compiègne en 2030, installée dans les Hauts-de-France, pôle dédié à la technologie au cœur de Sorbonne Université. Innovations pédagogiques, recherche de pointe, positionnement en matière d’industrie du futur, l’avenir s’annonce passionnant pour l’UTC et ses ingénieurs. Il comporte aussi de nombreuses inconnues… et donc surprises !

 

L’inconnue

C’est notre monde. 2030, c’est dans 12 ans. Il y a 12 ans si le PC et internet étaient bien établis, l’apprentissage automatique émergeait tout juste avec le calcul sur GPU qui donne son efficacité à l’IA, et l’iPhone ne fut annoncé et commercialisé qu’en 2007. Quel est le prochain bouleversement ?
L’UTC est déjà très en pointe sur le véhicule autonome, avec notamment un laboratoire commun avec Renault et seul laboratoire académique à pouvoir faire rouler ce véhicule sur la voie publique. Je peux imaginer qu’en 2030 nous aurons grandement progressé sur le nœud majeur en matière d’énergie : son stockage. Nous travaillons sur la batterie, mais des solutions que nous ne connaissons pas encore, émergeront.

L’invariant

Notre monde continuera à se transformer avec l’émergence de nouvelles technologies. Il aura besoin de plus d’ingénieurs et l’UTC continuera à en former pour répondre aux besoins des secteurs économiques. Dans ce monde en transition, il est plus que nécessaire d’innover et pour l’ingénieur de maîtriser sciences et techniques mais aussi d’être un humaniste. Invariant, oui mais non, « ingénieur » est une catachrèse permanente.

La dérivée

Certainement positive, l’UTC doit couvrir plus de champs de l’ingénierie, notamment ceux en émergence. L’UTC est ainsi engagée aux côtés de ses partenaires industriels dans leur fondation de l’industrie dite du futur.

L’intégration

Volontariste, l’UTC développe le pôle technologique de Sorbonne Université. Ses points forts sont la relation intime avec les secteurs économiques et la synergie entre formation d’ingénieur et recherche de premier plan. Nos liens historiques avec le tissu économique sont appelés à s’intensifier pour s’apparenter en 2030 à une forme de symbiose. L’UTC est au service de la compétitivité des entreprises ; et les entreprises nous apportent par l’expression de leurs besoins en matière de recherche ou de compétences chez nos ingénieurs.

Le graphe

Plusieurs universités de technologie collaborent étroitement pour former les ingénieurs interculturels dont l’Europe a besoin. L’UTC est à un des sommets.

La conjecture

Notre société connaît des transitions où les ingénieurs d’aujourd’hui et de demain ont un rôle majeur à jouer :

  • la nécessaire transition écologique qui comprend la transition énergétique pour l’atténuation du changement climatique ;
  • toujours la transition écologique pour mettre un terme à la sixième extinction massive des espèces en préservant la biodiversité ;
  • l’adaptation au changement climatique ;
  • la transition numérique. L’UTC est particulièrement bien positionnée sur cette problématique et ouvre un Institut des Hautes Etudes pour la Transition Numérique en partenariat avec l’IHEDN.

Conjecture, car aux côtés de réponses technologiques, il faudra imaginer des réponses sociétales et comportementales. Imaginer l’ingénieur de demain est la mission de l’UTC d’aujourd’hui. L’UTC prépare depuis toujours des ingénieurs pour relever les grands enjeux de leur époque en les dotant d’un bagage mathématiques élevé, d’une profonde maîtrise des sciences et technologies de pointe et de fortes valeurs.

La projection

L’odyssée, chemin semé de péripéties, sera au plus court pour l’UTC : une projection.