L’école est aujourd’hui un amplificateur de différences : plus le milieu d’origine de l’enfant est pauvre, moins il réussit à l’école, comme l’a rappelé l’étude PISA en 2010. Or s’il y a une chose qui réunit les parents qu’ils soient riches ou pauvres, c’est bien le désir de la réussite de leurs enfants. Pour les parents qui ont une vie difficile, l’espoir mis dans l’école est d’autant plus grand qu’ils y voient le seul moyen pour leurs enfants de ne pas vivre ce qu’ils ont subi eux-mêmes.

Aujourd’hui, misère et échec scolaire sont intimement liés.
►Élodie est placée depuis toute petite en raison des conditions de vie de ses parents. Elle explique avec beaucoup de lucidité combien ce placement a été néfaste pour sa scolarité : bouleversement affectif qui a affecté sa concentration, transfert de famille d’accueil en foyer (8 lieux différents), changements d’école, difficulté à trouver sa place parmi les autres enfants en raison de sa différence… A tel point qu’elle décroche. Jusqu’à ce que des amis l’aident à reprendre sa place à l’école.
►Mathieu, lui, est montré du doigt par ses camarades parce qu’il « sent mauvais » : sa maman ne parvient pas à faire sécher le linge dans leur maison très humide. Cette exclusion fait chuter ses résultats, mais sa maman a du mal à franchir la porte de l’école et à se faire entendre.
►Kelly rêvait de travailler avec les jeunes enfants. Manque de chance, son dossier n’était pas bon et personne n’a voulu écouter ses motivations. On l’a mise là où il y avait de la place : en CAP comptabilité. Un diplôme qui aujourd’hui n’offre aucun débouché et une formation dans laquelle elle ne se sent pas à l’aise. Elle n’a qu’une envie travailler pour soutenir sa mère qui a du mal à finir les mois.

Autant d’exemples, autant d’échecs. Mais est-ce l’échec de ces enfants ou de l’école ? On sent bien que les pistes pour en sortir existent. Comment pouvons-nous créer une école qui donne à chacun les moyens de se développer ? Quel rôle les parents peuvent-ils jouer dans cette intégration, qu’ils soient pauvres ou non ? Quelles solutions mettre en place qui bénéficieraient à tout le monde ?

Le 17 octobre prochain, des événements partout en France pour construire une école qui ne laisse aucun enfant au bord de la route Il s’agit là d’un problème de société, tout le monde est concerné. C’est pourquoi, le 17 octobre prochain, partout en France, des débats vont se tenir pour remettre cette question au centre des préoccupations de tous. Quelle école voulons-nous ? Quelle société construisons-nous à travers elle ? Beaucoup d’associations sont partenaires de cet événement : la fédération des centres sociaux, des associations de parents d’élèves, des syndicats d’enseignants vont organiser des débats dans les écoles, les mairies, les maisons de quartier, etc. pour inventer une école sans exclus.

Et plus précisément :
A Lyon, le 17 octobre, dans différentes écoles primaires et secondaires, des bénévoles du Collectif du Refus de la misère proposeront des jeux pour permettre la prise de conscience des discriminations et trouver des pistes pour en sortir. Samedi 22 octobre place de la république : grand rassemblement citoyen avec ateliers, interventions, etc.
A Paris, au Trocadéro, de 12h à 14h, happening mettant en lumière les conséquences de la misère sur la scolarité. Les centres de loisirs proposeront aux enfants qui les fréquentent des jeux, du théâtre-forum, des discussions sur l’exclusion à l’école. Avec la Mairie de Paris, Université Populaire sur le thème de l’école.
A Marseille, ateliers d’écriture « Mon histoire avec l’école », débat « La vie à l’école, l’école de la vie, Quelle est la place des parents ? »
A Reims, grand travail avec les représentants de l’éducation nationale : 4 jours de formation, autour du 17 octobre, pour changer les représentations sur l’échec scolaire.
A Nancy, émission de radio en direct d’une école, table-ronde, atelier-chant pour une école qui n’exclue pas.

Et beaucoup d’autres événements à retrouver sur le site www.refuserlamisere.org

En attendant le 17 octobre, ATD Quart Monde et ses partenaires invitent ceux qui le souhaitent à venir raconter leurs souvenirs positifs ou négatifs autour de l’exclusion à l’école sur www.parolespourlecole.org

Créée en 1987, la Journée mondiale du refus de la misère cherche à être l’amplificateur du combat quotidien contre la misère. Elle donne la parole aux personnes très pauvres qui en sont les premiers acteurs et à tous ceux qui s’unissent à elles pour tenter d’éradiquer la pauvreté dans tous les pays du monde. En faisant entendre le combat de ceux qui agissent déjà contre la misère, cette journée encourage d’autres à s’engager aussi. Elle rappelle aussi aux dirigeants de nos pays leurs engagements et leurs devoirs dans la lutte contre la pauvreté partout dans le monde.

 

Contact presse :Typhaine Cornacchiari
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