Communiqué de presse:

Tous les trois ans, la Fédération S.O.S Amitié organise un congrès national avec le concours d’une de ses 44 associations régionales. Cette année, S.O.S Amitié rassemblera dans le cadre original du Kursaal, situé 2 place du théâtre, à Besançon, plus de trois cents personnes sur la thématique : « L’écoute, un acte social dans un monde qui change »

 

Fondée en 1960 dans une période de relative prospérité et d’accroissement économique continu, S.O.S Amitié qui a reçu depuis sa création des millions d’appels de personnes en souffrance, est le témoin des bouleversements entraînés par la succession de crises économiques génératrices d’un chômage de masse, d’une extension de la précarité et d’une forte insécurité sociale. Son Observatoire annuel des Souffrances Psychiques de 2016, qui analyse des centaines de milliers d’appels reçus, met à nouveau en lumière cette année les impacts négatifs de ces changements sur les plus vulnérables et le délitement des liens sociaux.

Approfondir collectivement la pratique d’une écoute qui vise à créer ou restaurer ces liens et prendre la dimension du rôle d’acteur social de l’association seront au cœur des travaux de ce 16ème Congrès.

« Ecouter les souffrances singulières, les épreuves individuelles, la fragmentation de l’existence abimée…de ceux qui nous appellent, nous amène à nous interroger sur notre rôle d’acteur social. » souligne Jean-Pierre Igot, Président de S.O.S Amitié.

 

Au programme

 

4 conférences publiques suivies de débats :

 

 

Vendredi 19 mai :

 

« S.O.S Amitié a dû passer d’une logique de prévention à une logique curative » 

Axelle Brodiez-Bolino, historienne, chargée de recherche en histoire au CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) LAHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes). Spécialiste des questions de pauvreté, de précarité et de l’entraide elle a reçu du CNRS en 2017,  la médaille de bronze qui récompense le premier travail d’un chercheur qui fait de lui un spécialiste dans son domaine.

 

« Les personnes qui appellent sont épuisées d’exister dans cette société »

David Le Breton, anthropologue, Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg II et d’anthropologie, membre de l’Institut Universitaire de France, il est aussi chercheur au Laboratoire URA-CNRS «Cultures et Société» en Europe. Ses recherches l’amènent à vouloir comprendre les émotions et les perceptions fabriquées par la société. Il étudie notamment l’anthropologie des conduites à risques

 

 

Samedi 20 mai

 

«  L’autre n’a pas disparu, je peux toujours lui adresser mon angoisse »

Georges Gaillard, professeur de psychopathologie et psychologie clinique. Psychanalyste, Maître de conférences en psychologie clinique et formation en situation professionnelle, Université Lumière Lyon II et  Directeur du Département.

 

«  L’écoute supprime la souffrance de se voir souffrir, pas la souffrance en elle-même »

Romain Huët, maître de conférences en sciences de la communication à l’Université Européenne de Bretagne. Chercheur titulaire au sein du laboratoire PREFICS (sociolinguistique et sciences de la communication). A partir d’un travail empirique sur l’énonciation de la souffrance ordinaire au sein des dispositifs technologiques d’écoute, dont l’écoute par chat à S.O.S Amitié, il porte ses recherches sur la relation entre la souffrance exprimée et la pression sociale.

 

8 Ateliers thématiques internes portant sur la pratique de l’écoute et le rôle social de S.O.S Amitié.

 

 

Dimanche 21 mai

 

Une Table Ronde : « Rôle social et écoute, témoignages d’associations » sera animée par Daniel Ganahl, Président de S.O.S Amitié Franche-Comté qui réunira des représentants de différentes associations : la Croix Rouge, la Mutualité Sociale Agricole (M.S.A), les Restos du cœur, le Centre de formation IRTS, Point Passerelle du Crédit Agricole…

 

Les étudiants de l’ISCPA soutiennent depuis 4 ans l’association S.O.S Amitié à travers différentes actions de communication et de journalisme. Cette année l’ISCPA Lyon a réalisé une étude d’image et de notoriété au travers de la création et de l’administration d’un questionnaire réalisé auprès d’une cible étudiante et de la réalisation de micros-trottoirs. Objectifs : prévenir le suicide chez les jeunes et illustrer le Congrès national de S.O.S Amitié à Besançon.

 

Pour plus d’information : http://www.sosamitie2017.com

S.O.S Amitié en quelques mots et chiffres

S.O.S Amitié reçoit chaque année en France près de 700 000 appels.

  • En 2016 15900 appels ont évoqué le suicide, soit 3% des appels analysés. Ce chiffre est, depuis 4 ans, en augmentation  (+20 % entre 2015 et 2016)
  • Les 2 premières causes d’appels sont les souffrances psychiques (43%) et la solitude (41%).
  • 91 % des appels proviennent de la tranche d’âge dite active (25-65 ans).
  • 50% des personnes qui utilisent internet ont  moins de 25 ans, 14 % évoquent le suicide, pour seulement 3% des appels téléphoniques.
  • 1 600 bénévoles se relaient 365 jours par an, 24h/24
  • S.O.S Amitié compte 68 lignes d’écoute réparties dans 44 associations régionales
  • S.O.S Amitié participe à la réflexion sur les problèmes psychologiques et sociaux de son temps en échangeant avec de nombreux interlocuteurs au niveau régional, national et international, notamment au sein de l’UNPS (Union Nationale pour la Prévention du Suicide) et de l’IFOTES (International Federation of Telephone Emergency Services).