Un nouvel élan pour ICN Business School Nancy – Metz

 

Il y a quelques mois l’ICN Business school a décidé d’opérer un véritable changement de stratégie, en réponse à un diagnostic clair et inquiétant : l’école baisse dans le classement depuis quelques années. L’équipe dirigeante, au premier rang de laquelle Jérôme Caby, directeur général, ne se voile pas la face et fait preuve d’une étonnante lucidité. Loin de la langue de bois, l’heure est à la franchise et à la réflexion sur ce qui n’a pas fonctionné ces dernières années.

 

« On a bougé moins vite que les autres », déclare le directeur lors du déjeuner presse du 12 octobre 2011, perdu énormément de temps sur la question de nos statuts. 8 ans c’est extrêmement long. Les autres, pendant ce temps là, réfléchissaient à autre chose. » De là à en faire le constat d’un échec sur les dernières années ? Non ! « Si vous me demandez si on fait mieux notre métier qu’il y a dix ans je vous dis oui », affirme Jérôme Caby. « Mais même si on s’est améliorés, on s’est améliorés moins vite que les autres. » L’idée, désormais, c’est de rattraper le retard pris sur d’autres écoles, notamment Reims et Rouen. « De façon quasi mécanique, ça devrait augmenter. La question c’est de savoir comment. »

 

Au coeur de la nouvelle stratégie, la différenciation
Et justement, l’ICN a pensé une toute nouvelle stratégie, basée en premier lieu sur l’idée de différenciation, en se démarquant, selon Jérôme Caby, de la plupart des autres écoles de commerce qui privilégient une approche généraliste et de volume. « Choisir une stratégie de différenciation c’est contourner la référence quasi systématique au classement ». L’idée est donc d’attirer les étudiants sur un projet propre à l’ICN, jusqu’à leur faire oublier le rang de l’école. Comment ? Il s’agit de « Travailler sur nos forces propres et ce qu’on a en magasin », déclare le directeur. Les atouts de l’ICN ? Ses compétences, ses valeurs et surtout ARTEM et l’ancrage géographique. ARTEM (Art, Technologie, Management) est le collectif né en 1999 de l’alliance entre l’ICN, l’école des Mines de Nancy et les Beaux Arts de Nancy. Résultat : une mutualisation des biens, des infrastructures et des services, des professeurs et des élèves qui travaillent ensemble et surtout une valeur clé, la créativité, qui doit devenir le moteur de l’ICN. Par ailleurs, le positionnement géographique de l’ICN entre la Lorraine, l’Alsace, la Belgique, le Luxembourg et la Franche Comté lui donne une force intéressante. « On s’est rendus compte qu’on n’avait pas suffisamment exploité notre territoire. » constate Jérôme Caby. Selon lui, la concurrence d’autres écoles est faible dans la région Grand est : il est temps de s’implanter et de tirer profit de cet avantage comparatif.

 

Quels moyens pour quels objectifs ?
Pour mener à bien cette stratégie, moyens nécessaires et objectifs précis ont été pensés avec précision. D’un côté, trois ressources principales : l’augmentation du nombre de professeurs, de nouvelles ressources financières et les biens et services nés de la collaboration au sein d’ARTEM. De l’autre, on trouve des objectifs ambitieux mais réalisables : obtenir la triple accréditation en 2014, augmenter la place de l’ICN dans le classement des écoles de commerce, mener son Chiffre d’Affaires jusqu’à 23 million d’euro en 2016 et « être la business school internationale de référence au coeur de l’Europe ». Il reste du chemin à faire mais l’équipe dirigeante y croit et fait tout pour tirer des leçons de ses erreurs. Le pari de la différenciation sera-t-il fructueux ? Réponse d’ici 2016…

 

Claire Bouleau