L’association Tremplin – Études, Handicap, Entreprises fête ses 20 ans cette année. Elle accompagne 350 jeunes handicapés par an dans leurs études et leur insertion professionnelle avec le soutien de près de 200 entreprises. Son directeur Christian Grapin fait une proposition aux écoles de management : les aider pour attirer plus d’élèves en situation de handicap et pour les accompagner jusqu’à leur entrée dans la vie active.

Tremplin participe chaque année en juin au Challenge du “Monde des Grandes Écoles et Universités“. Son directeur Christian Grapin ici avec des étudiants, le parrain de l'évènement Stéphane Diagana et Aladji Ba, champion para-olympique.

Tremplin participe chaque année en juin au Challenge du “Monde des Grandes Écoles et Universités“. Son directeur Christian Grapin ici avec des étudiants, le parrain de l'évènement Stéphane Diagana et Aladji Ba, champion para-olympique.

Alors que les grandes écoles cherchent à s’ouvrir, elles ont besoin de cerner les enjeux liés à l’accès à l’enseignement supérieur pour les jeunes handicapés et mettre en place des actions adéquates. 80 % des personnes handicapées actives n’ont pas le Bac. Les entreprises recrutant des profils qualifiés sont donc très intéressées par une augmentation du nombre de diplômés handicapés de grandes écoles. Christian Grapin, directeur de  l’association Tremplin – Études, Handicap, Entreprises propose de mettre 20 ans d’expertise à bouger les lignes et à lever les freins à la poursuite d’études longues auprès de jeunes handicapés, au service de grandes écoles, notamment de management.

 

Les grandes écoles possèdent-elles les clés pour intégrer des étudiants handicapés ?
Sur le papier oui. Cela grâce à leur tradition d’accompagnement personnalisé des étudiants avec pour objectif leur réussite scolaire et leur insertion professionnelle. Or, la clé pour favoriser la réussite d’un étudiant en situation de handicap, est de prendre en compte ses besoins spécifiques et les solutions compensatoires à mettre en œuvre (tiers temps, équipements, supports, e-learning, aide humaine, etc…) pour qu’il puisse mobiliser tout son potentiel, toutes ses capacités, toutes ses qualités, et étudier à « égalité de réussite » avec les autres étudiants.

 

Pourquoi est-il essentiel qu’elles sensibilisent les futurs managers ?
Justement parce qu’en tant que futurs managers, ils seront appelés à encadrer, recruter et travailler avec des personnes handicapées. La sensibilisation vise à faire tomber les freins liés à la méconnaissance du handicap qui provoque crainte et peur. La meilleure des sensibilisations consiste à accueillir de plus en plus de jeunes handicapés. D’abord pour que ces écoles forment de plus en plus de managers en situation de handicap et aussi, pour faire tomber les tabous et casser les stéréotypes de ceux qui ne sont pas handicapés en leur permettant de côtoyer, travailler, se lier amitié avec des étudiants handicapés. Les écoles peuvent également développer davantage leurs enseignements sur le handicap, en tant que sujet de la diversité et de la gestion des ressources humaines. Tout manager est un RRH, in situ il est à la fois force de proposition sur ce sujet et relai des politiques de son entreprise. Connaître les obligations légales est une chose, avoir les comportements et les postures professionnelles pour qu’elles s’appliquent, en est une autre.

 

Quels sont les points positifs dans les progrès affichés par les écoles ?
Le principal est leur volonté, leur engagement, c’est un réel changement par rapport au passé. Elles sont aussi concrètement plus ouvertes à ces jeunes. On estime que sur 12 000 étudiants handicapés dans le supérieur, ils sont maintenant plus de 1 000 en grandes écoles. La signature d’une Charte par la CGE et le projet d’aller plus loin avec un label d’établissement handi-accueillant vont aussi dans le bon sens.

 

Quelle aide Tremplin propose t-elle aux écoles de management ?
Nous pouvons leur faire gagner du temps en partageant notre expérience et notre expertise auprès des jeunes et des entreprises. Diriger vers elles des jeunes que nous suivons. Car l’un des freins à l’entrée en grande école est une auto-censure, renforcée par l’aspect financier pour les écoles de management aux frais de scolarité élevés. Les écoles doivent faire des progrès en matière d’information pour faire savoir à ces jeunes en situation de handicap et à leur famille qu’elles leur ouvrent leurs portes et sont prêtes à les accueillir dans de bonnes conditions. Ceux que nous recevons se posent des questions pratiques comme
« Est-il possible d’avoir des aménagements pour passer les concours, pour suivre les cours ? ». Tremplin peut être un relai d’information auprès des jeunes, un prescripteur auprès de ceux qui ont la capacité à étudier en grande école.  Nous pouvons aussi aider les écoles de management dans l’accompagnement des jeunes qu’elles reçoivent et suivent, leur faciliter les liens avec nos entreprises partenaires, œuvrer avec elle au devenir professionnel du jeune handicapé.

 

A. D-F

 

www.tremplin-handicap.fr