Lorsque le Groupe Sup de Co La Rochelle m’a proposé un voyage éclair en Inde à la rencontre des responsables de la mission Humacité, je n’ai pas hésité une seconde ! Retour sur un voyage inoubliable…

Les enfants de Taabar Project

Samedi 11 décembre, aéroport Roissy Charles de Gaulle, 13h

C’est l’heure. Fébrile et impatiente, je descends du taxi, prête à rejoindre l’équipe organisatrice de l’école et les autres journalistes conviés à venir partager cette aventure unique. Progressivement, tout le monde arrive au comptoir Qatar Airways. Nous sommes 9 au départ. Marc Gibiat, directeur du programme Grande Ecole, Alexandra Desvaux, directrice de la communication, Floriane Bouillard, chargée des relations presse, et Daniel Baudin, directeur de la mission Humacité, me reçoivent chaleureusement. Pas de temps à perdre, nous voilà partis pour l’enregistrement des billets. L’avion décolle dans moins de deux heures. Après une escale à Doha (Qatar) et 10 heures de vol, Delhi s’offre enfin à nous.

Par la mise en situation au sein d’une structure bénévole, en France ou à l’étranger, la mission en prise directe avec la réalité s’intègre dans le cursus et le complète. Spécifique jusqu’à présent au programme ESC, la mission Humacité va être étendue progressivement à tous les programmes du Groupe.

Dimanche 12 décembre, Delhi, 8h15

A la sortie de l’aéroport, un minibus nous attend. Direction Jaipur à 6h de route ! Premières émotions. Le rêve devient réalité. « Ça y est je suis en Inde ! ». A travers la vitre, les paysages défilent. Tout semble déjà tellement différent de notre monde occidental. Le « choc » n’est pas encore au rendez-vous, tout va si vite. Le bus zigzague avec assurance entre les camions, les mobylettes, les charrettes de fortune tirées par des dromadaires… Après 3 heures de route, nous nous arrêtons dans un endroit insolite, éloigné de l’agitation de la périphérie. Marc Gibiat en profite pour nous présenter plus en détails le programme intense qui nous est réservé et le principe d’Humacité. Il nous avertit, les étudiants reviennent changés d’une mission Humacité, l’un d’entre eux lui a même révélé : « Je suis revenu avec un nouveau coeur. »

Jaipur, 18h30

Heureux et intrigués, nous arrivons à destination. La 1ère ONG – Taabar Project – nous attend. L’accueil traditionnel assure un des plus bels effets. Un collier de fleurs autour du cou et le Bindi (point rouge) sur le front suffisent à nous mettre à l’aise. Entourés d’une quinzaine de jeunes garçons âgés de 7 à 13 ans, bonnets sur la tête en raison des températures un peu fraîches en fin de journée, le responsable, Ramesh Paliwal, nous présente les lieux. Taabar Project (« taabar » signifie « changement ») accueille depuis 2007 des enfants des rues venus de tout le pays. Maltraités, abandonnés ou chassés par leurs familles, ces enfants vulnérables et pauvres sont recueillis pour une durée de 3-4 mois au minimum. « What do you want from me ? » est la 1ère question qu’ils posent à un adulte, nous raconte Ramesh pour illustrer leur exploitation sordide (travail forcé, prostitution…). L’association les aide à se reconstruire, sert d’école et de logement. Les garçons apprennent les mathématiques, l’anglais, le dessin, la danse etc. Il n’y a pas de fille dans cette école (située près de la gare de Jaipur) rajoute Ramesh, « c’est trop dangereux, elles sont recueillies loin de la ville ». 60 % de ces garçons auront la chance de retrouver son foyer d’origine. Avec une population de 3 millions d’habitants, Jaipur compte près de 50 000 enfants des rues. Emue par ces propos, je me rends finalement compte que ce sont les enfants eux-mêmes qui vont donner le ton à notre rencontre. Parfois intimidés mais toujours souriants, c’est le moment de la surprise. Des faux airs de Shakira brisent le silence depuis le poste de radio, et nous voici face à un spectacle qui me laisse pantoise. Ces mêmes enfants – qui ont connu l’horreur et dont on ignorait tout d’eux il y a encore quelques heures – se libèrent au son de la musique entraînante pour nous offrir le plus beau des cadeaux. Gorge serrée, je rejoins Delphine (en programme Bachelor) qui donne des cours ici depuis octobre. « Ce qui me fait le plus plaisir, c’est leur sourire » me dit-elle. Fin du spectacle, applaudissements. Et c’est déjà le moment de partir. Les regards s’échangent, les mots sont rares. Le trajet jusqu’à l’hôtel se fait dans le silence. L’occasion est finalement donnée pour le dîner d’échanger avec les 11 étudiants du Groupe Sup de Co La Rochelle partis en mission en Inde depuis octobre. Blandine, 20 ans, engagée au sein de l’association Taabar 2, donne des cours de soutien à des enfants déjà scolarisés. Elle me raconte : « Le plus important est de se préparer avant de partir en lisant par exemple des témoignages d’étudiants ; l’école m’a également beaucoup aidée. La pauvreté est omniprésente et pourtant l’accueil y est très chaleureux. Bien entendu si c’était à refaire, je dirai ok ! On apprend tellement sur les autres et sur soi. »

La mission Humacité est un véritable accélérateur de maturité pour les managers de demain (…), un atout supplémentaire lorsque la richesse de la personnalité, le capital d’expérience et les capacités d’écoute sont décisives.

Lundi 13 décembre, Jaipur, 10h30

Après une courte nuit, l’heure est de reprendre le bus pour assister non loin de là à l’inauguration du Training Center DEV (Development and Empowerment with Vision) construit en 2010 par les étudiants en ESC et Bachelor Business pour aider à la réinsertion des hommes de la rue. Nous y voici. Le décor est planté, magique. Des ballons gonflables multicolores s’élèvent depuis le toit du Centre vers un ciel bleu azur. Les enfants du village se mêlent aux jeunes garçons de Taabar Project que nous avons rencontré la veille, les personnalités locales nous saluent d’un « Namasté » et nous accueillent avec un collier de roses fraîches et le traditionnel Bindi. Chacun prend place sur l’une des chaises en plastique blanc qui lui est attribuée, la cérémonie peut commencer. Ramesh Paliwal, également responsable de l’ONG DEV, nous rappelle combien l’éducation est importante. Il s’agit ici d’attirer l’attention sur ces hommes (au nombre de 11) qui, sans famille, sans formation et sans revenu, peuvent aujourd’hui apprendre un métier dans la fabrication de bijoux en argent et la couture. Le Centre est un lieu de formation mais aussi de vie puisqu’un logement leur est réservé sur place. Au tour de Christiane Koch, responsable missions et stages à l’international du Groupe Sup de Co La Rochelle, de prendre la parole. Elle connaît Ramel depuis la création de l’ONG il y a 3 ans et fait figure d’icône ici à Jaipur. Elle se souvient que ce sont 29 étudiants qui ont collecté de l’argent pour construire l’école de leurs propres mains, à l’aide d’artisans locaux. Nicolas Baudin rajoute qu’il s’agit d’ « une opportunité unique pour les étudiants d’aller au-delà de leurs capacités ». Et ce ne sont pas les étudiants qui le contrediront. Fiers de poursuivre l’action menée par d’anciens étudiants rochelais, tous témoignent comme Aurélie : « savoir que l’on est utile, c’est le plus important ». Après les discours, place au chant en signe de remerciements. Les hommes de DEV nous étonnent avec leur chant traditionnel, alors que les étudiants français nous transportent sur l’air de Voulzy avec Le pouvoir des fleurs. Quelques minutes plus tard et à une dizaine de mètres de là, c’est l’heure de la bénédiction de la « première pierre » de l’Ecole des Filles – SNEH Girls School – par un brahmane (prêtre hindou). Car les étudiants s’engageront aussi à participer à la construction de cette école qui accueillera, d’ici fin 2011, 26 jeunes filles. En plus des enseignements dits classiques, des cours d’anglais et de français leur seront dispensés ; « plus qu’une éducation, elles obtiendront un vrai langage » souligne Ramel.

Jaipur, 15h

Le soleil frappe fort. Dernière visite avant de reprendre l’avion. Nous découvrons l’ONG SMK qui recueille des lépreux, guéris mais exclus de la société. Le lieu est saisissant, très spirituel. Les murs roses cachent une grande cour au milieu de laquelle se dresse un temple, magnifique. L’accueil se fait très chaleureux comme à l’accoutumée et en musique. Ici ces hommes et ces femmes tissent des nappes et des tapis, et fabriquent des chaussures pour lépreux. L’instant est rare. Pourtant le contact est simple et facile. C’est en 2007 que Christiane Koch découvre « par hasard » SMK par une association allemande qui lui apporte son soutien. Aujourd’hui, les étudiants peuvent s’engager dans la léproserie et s’associer à un combat encore tabou.

Mardi 14 décembre, aéroport Roissy Charles de Gaulle, 14h

Je me sens bizarre à l’idée de revenir à Paris. Les habitudes ressurgissent, déjà. Il est commun de dire « Les voyages forment la jeunesse », pourtant il n’est jamais inutile de le répéter. Alors vous aussi suivez les traces de vos camarades rochelais, partez et n’oubliez pas… vous reviendrez transformé(e) !

A.F

Groupe Sup de Co La Rochelle

* Crée en 1988, le Groupe propose 7 formations : Programme Master Grande Ecole (ESC), Bachelor International, Bachelor Business, Bachelor Tourisme, 3e cycles, Sup de Co Entreprises, Institut d’Etudes Françaises (IEF) et compte 15 doubles diplômes et 6 000 diplômés et anciens * 2600 étudiants dont 400 étrangers de 26 pays suivent les cours dispensés par 75 professeurs permanents et 175 intervenants professionnels * Une dimension mondiale : 96 universités étrangères et 50 grands groupes partenaires * Une dynamique étudiante exceptionnelle avec 40 associations et clubs Contact : com@esc-larochelle.fr