Spécial Président(e)s

 

L’Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) a recueilli la parole de 10 patrons dans un ouvrage sur la gestion de leur équilibre entre travail et vie privée (« Patrons papas » paru en 2010). Ils ont pris le risque de se dévoiler avec sincérité sous le signe de l’exemplarité.

 

 

« Patrons papas : Paroles de dix dirigeants sur l’équilibre entre travail et vie privée », édité par l’ORSE et paru aux Editions le cherche midi en 2010, 17 €

« Patrons papas : Paroles de dix dirigeants sur l’équilibre entre travail et vie privée », édité par l’ORSE et paru aux Editions le cherche midi en 2010, 17 €

L’ORSE travaille avec l’ensemble des confédérations syndicales et le Medef, des entreprises et établissements d’enseignement supérieur. Son objectif : mettre en avant les pratiques innovantes sur tous les sujets de la RSE. Avec cet ouvrage, l’ORSE entend démontrer que l’égalité hommes/femmes dans l’entreprise passe par l’implication des hommes dans la vie familiale. « Ce travail nous a semblé d’autant plus important, insiste François Fatoux, délégué général de l’ORSE, que ce sont les hommes qui subissent le plus cette discrimination sur la conciliation entre travail et vie familiale. Si un dirigeant dit qu’il n’organise pas de réunions le soir pour profiter de ses enfants, il « libère » les managers pour en faire autant. Ils se sont confinés dans un rôle modèle. »

 

Une organisation à toute épreuve
Le père est toujours présent dans la tête du dirigeant mais suppose une organisation particulière. « Endosser leur responsabilité de pères se traduit par optimiser le temps, incarner « naturellement la figure de l’autorité et réagir aux questions éducatives en prise avec le monde du travail. » Compte tenu de leurs emplois du temps plus que chargés, l’optimisation du temps prend parfois des allures de gag comme le raconte Pierre Fonlupt, président du directoire de Plus S.A. : « Il y a quelques temps j’ai souhaité déjeuner avec mon fils en tête à tête. J’ai donc sorti mon agenda pour lui fixer un rendez-vous, et lui ai proposé un déjeuner en avril alors que nous étions seulement en février. Cet agenda surchargé a généré un grand éclat de rire partagé ! » Stéphane Richard, DG de France Telecom-Orange « parie sur la qualité du temps passé ensemble, à défaut de quantité. »

 

Afin de préserver du temps pour la famille
Gilles Pélisson, PDG du groupe Accor dit s’efforcer « d’être présent lors des moments importants. Lorsque mon fils est entré en 6ème, j’étais là lors des réunions avec les professeurs. » Les réunions de parents sont aussi « un must pour Henri de Castries, président du directoire du groupe AXA. Mes enfants ne comprendraient pas que je n’y aille pas. » Pendant longtemps, P. Fonlupt a accompagné sa fille à l’école, « je n’aurais donné ces moments à personne, même pour tout l’or du monde ! Ce sont des moments qu’il faut savoir créer pour que la distance ne s’installe pas. » Des moments précieux comme le confirme Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, adepte du petit-déjeuner en famille. « Quelques minutes à préparer une tartine, un chocolat chaud, cela fait partie du plaisir d’être ensemble. » De son côté Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi, met « un point d’honneur à réussir à dégager du temps pour chacun – de ses enfants – et pour la famille. »

 

Des moments sacrés car rares
Pour G. Pélisson « c’est une recherche d’équilibre permanente, parce que c’est très compliqué. Nous avons des temps familiaux assez forts que nous tenons à préserver. Nous avons instauré des règles de vie. Dans notre famille, nous discutons. Au menu (du voyage de retour de week-end) : discussion, et souvent, une épreuve de calcul mental avec papa ! » Tous avouent que cette conciliation est difficile, qu’il n’est pas évident de se détacher de ses préoccupations de dirigeant, « en particulier pendant les moments de crise, explique F. Oudéa. Il faut pourtant y parvenir pour être disponible pour sa famille et le rester. Je chahute beaucoup avec mes enfants. C’est important de préserver des moments de ce type qui maintiennent ce lien physique, cette disponibilité du père à leur égard. » Et S. Richard de conclure, « je crois qu’il est important que les hommes qui ont de l’ambition professionnelle gardent cette notion d’équilibre de vie à l’esprit.»

 

A. D-F

 

Contact
www.orse.org
www.egaliteprofessionnelle.org