Si de master à mastère la phonétique est presque identique, le contenu lui, diffère. Et pour cause, « master » et « Mastère Spécialisé » (MS) constituent deux appellations déposées qui renvoient à deux formations bien distinctes. Gare donc aux établissements qui se risqueraient à les utiliser sans prendre les précautions nécessaires. Pierre Aliphat, délégué général de la CGE nous rappelle la réalité qui se cache derrière les mots…

 

Officiellement, que désigne l’appellation « master » ?
L’Etat français s’est approprié par une voie légale l’usage unique du mot « master ». Dans le cadre de l’espace européen de l’enseignement supérieur qui a créé le cursus LMD, en français le M s’est traduit par master. Normalement, le master désigne une formation qui a reçu le sceau de l’Etat. Pour les écoles d’ingénieurs, c’est la CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) qui atteste de la validité du diplôme, lequel désormais confère le grade de master. Pour les écoles de gestion, l’habilitation est donnée par la CEFDG (Commission d’évaluation des Formations et Diplômes de Gestion), qui se prononce en premier lieu pour accorder aux écoles le visa de l’Etat. Certaines obtiennent également en second lieu le grade de master pour leur diplôme, mais ce n’est pas automatique. Enfin, pour les autres catégories d’écoles (journalisme, architecture, arts appliqués, …) c’est directement l’Etat, par l’intermédiaire de la DGESIP (Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle), qui appose le tampon de l’Etat sur les formations. Hors de cela, toute utilisation du mot master est une usurpation et les rectorats ont en charge la vérification de la bonne utilisation du vocable.

 

 

Et que recouvre la dénomination « Mastère Spécialisé » ?
Le Mastère Spécialisé est une marque collective et déposée de la CGE qui ne peut donc pas être utilisée hors de son contrôle : pour avoir le droit au label Mastère Spécialisé, il faut être avant tout un établissement membre de la CGE.Cette dernière s’est dotée d’une commission Accréditation qui valide le contenu et la qualité de ces formations. Les écoles n’ont pas le droit de les ouvrir ni même d’en faire la publicité sans l’aval de la commission.Les conditions pour obtenir ce label sont multiples. Tout d’abord en termes de recrutement des étudiants : ceux-ci doivent déjà être titulaires d’un diplôme de niveau master pour postuler. Des dérogations à hauteur de 30 % maximum d’une promotion sont possibles pour recruter des candidats de niveau  Bac+4 ayant une expérience professionnelle : c’est l’école qui sollicite un certain pourcentage de dérogation, lequel n’est pas automatique et doit être validé par  la commission. Une autre condition d’obtention du label est le format. Un Mastère Spécialisé, c’est 400 à 450 heures de phase pédagogique, assorties d’une thèse professionnelle rédigée à l’issue d’un stage en entreprise d’au moins 4 mois.

 

 

A l’origine, pourquoi avoir créé les Mastères Spécialisés ?
Toutes ces formations sont en liaison avec les besoins du monde économique. Une des justifications de leur ouverture, c‘est l’existence d’un marché. Des lettres de soutien d’entreprises sont d’ailleurs requises dans la constitution du dossier. Mais ces accréditations ne sont pas accordées ad vitam aeternam. Au moins tous les six ans, chaque MS voit son accréditation réévaluée par la commission. Si le marché n’est plus demandeur, le MS peut être fermé.

 

 

Quelles sont les spécificités du MS ?
Le MS, comme son nom l’indique, est un cycle spécialisé et non généraliste. C’est un complément de formation. Deux stratégies se présentent aux étudiants :
– Approfondir : c’est le cas, par exemple, quand un élève diplômé d’une école de commerce poursuit avec un MS en finance d’entreprise.
– Elargir le spectre de ses compétences : c’est une stratégie  particulièrement courante chez les diplômés  d’écoles d’ingénieurs qui choisissent un MS en management.Actuellement, on compte 451 MS dans plus d’une centaine d’établissements.

 

 

Un message aux étudiants ?
Derrière des appellations qui portent parfois à confusion, on ne peut que leur conseiller d’aller vérifier sur les sites ad hoc que la formation qu’ils souhaitent
suivre possède bien les accréditations qu’elle annonce.

 

Pour en savoir plus…
www.cge.asso.fr/listeecolemasteres.phtml
www.masterespecialise.fr
www.cti-commission.fr
www.cefdg.fr
www.cge.asso.fr

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau