Les grandes écoles représentent une réussite majeure de l’enseignement supérieur en France, et il faut les encourager à se développer et s’améliorer. Elles peuvent le faire se fédérant comme le groupe ParisTech, par exemple, en élargissant leurs contacts et leur visibilité à l’international, et en intensifiant leur accès à la Recherche.

Philippe Lagayette, Président de l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques Président de la Fondation de France

Philippe Lagayette, Président de l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques Président de la Fondation de France


La qualité des grandes écoles
Associer plusieurs établissements de statuts différents sur un même lieu géographique en créant un campus se révèle capital, car cette situation procure de nombreuses occasions pour les professeurs et étudiants de se croiser et de travailler ensemble. Il est remarquable que même au temps d’Internet, les campus universitaires accèdent à l’excellence sur la base de la proximité. Les grandes écoles doivent développer leurs activités de Recherche, en particulier en se connectant aux universités. J’ajoute qu’en début de carrière, la recherche constitue une excellente formation pour les jeunes scientifiques ou ingénieurs. Depuis 1969, la Fondation de France soutient des projets concrets et innovants qui répondent aux besoins des personnes face aux problèmes posés par l’évolution rapide de la société. Elle agit dans quatre domaines : l’aide aux personnes vulnérables, le développement de la connaissance, l’environnement et le développement de la philanthropie. Elle aide les donateurs à choisir les meilleurs projets, conseille les fondateurs sur leur champ d’intervention et sur le cadre juridique et fiscal le plus approprié. En 2009, elle a accompagné 674 fonds et fondations créés sous son égide et distribué 85 millions d’euros sous forme de 7500 subventions, prix et bourses. Indépendante et privée, la Fondation de France ne reçoit aucune subvention et ne peut agir que grâce à la générosité des donateurs.

 

« L’innovation scientifique me paraît essentielle. »

Elle constitue le début d’une chaîne qui permet l’émergence d’activités économiques compétitives fondées sur la création de produits ou services nouveaux. Cette chaîne comprend la naissance d’idées nouvelles dans les laboratoires, le dépôt de brevets, la création de prototypes, la création de PME pour leur exploitation et la levée de fonds indispensable à la croissance de l’entreprise, ou le développement de l’idée par une grande entreprise. Depuis quelques années, la France a progressé dans ce domaine avec les pôles de compétitivité et les campus d’excellence, afin d’amorcer la naissance de clusters qui permettront de rester dans le peloton de tête des pays développés. Un cluster doit réunir sur une même zone géographique qu’un tissu d’entreprises capables d’accueillir l’innovation, de façon à favoriser la fertilisation croisée.

 

L’Institut des Hautes Etudes Scientifiques
Cette fondation privée gère un institut de recherche qui est un des seuls au monde à faire de la recherche de très haut niveau avec une entière liberté pour ses six professeurs permanents. Viennent s’ajouter chaque année 200 visiteurs invités, en provenance de centres de Recherche du monde entier, qui séjournent de un à six mois dans ses murs. Ce système, inspiré de l’Institut des études avancées de Princeton, fonctionne avec un budget de 6 millions d’euros par an. La recherche porte sur trois grands domaines : les mathématiques, la physique théorique et la biologie fondamentale. Il s’agit d’une recherche de pointe constamment couronnée de prix. Purement intellectuelle (sans laboratoires), elle ne génère pas directement d’innovations ayant une portée pratique, mais attire un vivier de chercheurs de très haut niveau qui font avancer la connaissance.

 

La recherche en mutation
Alors que dans le passé, la recherche fondamentale était souvent coupée de ses applications, on constate que l’état d’esprit a beaucoup évolué dans les laboratoires publics. L’envie de créer de nouvelles activités peut se diffuser par la multiplication des contacts fructueux entre ceux qui proposent des idées, ceux qui entreprennent et ceux qui possèdent des capitaux. Tous ces acteurs doivent être rassemblés aux mêmes endroits afin d’entrer en contact de façon permanente ; le plateau de Saclay est une bonne illustration du potentiel qui existe en France pour développer de telles synergies mais nous sommes encore loin de tirer le meilleur parti de nos atouts en la matière.

 

Patrick Simon