Get ready for take-off ! D’ici 2020, l’agence Erasmus+ France / Éducation Formation ambitionne d’atteindre 20 % d’étudiants européens ayant effectué une période d’études ou de stages à l’étranger au cours de leur formation. Pendant que les jeunes aiment plier bagage et enrichir leur parcours avec une aventure à l’étranger, les recruteurs se montrent friands de profils ayant su s’adapter à des environnements « dépaysants ». Comment valoriser une expérience internationale sur un CV et renforcer ses chances d’employabilité ? Let’s have a look on it !

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HALIMA BOUSAIDI, SENIOR RECRUITMENT CONSULTANT AU SEIN DU CABINET APPROACH PEOPLE RECRUITMENT
Vous vous positionnez comme l’un des leaders du recrutement de futurs cadres en Europe. Quelles sont vos actions pour aider les jeunes actifs à intégrer le marché de l’emploi international ?
Notre vocation première est de mettre en relation des jeunes à la recherche d’un emploi et des entreprises souhaitant dénicher les talents de demain. En parallèle, nous accompagnons les candidats à un poste en leur apportant un coaching personnalisé : conseils dans la rédaction de leur CV, dans le choix de leur tenue vestimentaire ou encore dans la construction de leur argumentaire. Cette préparation les aide à maximiser leur réussite lors de leurs entretiens professionnels.
Laurent Girard-Claudon, PDG d’Approach People Recruitment, déclare en 2014 que « partir à l’étranger est presque devenu une étape obligatoire pour ceux qui souhaitent évoluer dans une structure internationale et décrocher un poste à responsabilité. » Cette philosophie est-elle applicable au cours d’une formation en BTS ou en IUT ?
Bien sûr ! Une immersion totale qui impose de pratiquer une langue étrangère et de s’intéresser à la culture d’un pays est une véritable valeur ajoutée pour le profil d’un étudiant de Bac +2/3, qu’il soit issue d’une section « commerce international » ou non. Une expérience professionnelle ou humanitaire à l’étranger est du meilleur effet sur un CV. L’étudiant ne doit donc pas hésiter à la mentionner pour attirer l’oeil des recruteurs et augmenter ses chances d’être employé !
Que recommanderiez-vous à un étudiant de Bac +2/3 envisageant de commencer sa carrière à l’étranger ?
Osez ! Se brider par peur de ne pas s’adapter à la culture d’un pays est une erreur Certaines destinations comme l’Australie souhaitant entamer leur carrière à l’autre bout du monde et vivre une expérience fantastique. Même les étudiants partis dans un pays très différent de la France en termes de culture, comme la Chine, en reviennent ravis et ne demandent qu’à y retourner ! Ils y développent leur ouverture d’esprit et y gagnent en maturité… au bénéfice de leur employabilité !

 

PATRICIA LOWIS, DÉLÉGUÉE DU DIRECTEUR ET CHARGÉE DES RELATIONS INTERNATIONALES DE L’IUT NICE CÔTE D’AZUR
Votre établissement est rattaché à l’université de Nice Sophia Antipolis (UNS) qui accueille 19 % d’étudiants étrangers de 131 nationalités différentes. Comment s’organisent vos actions pédagogiques à leur égard ?
Ils profitent d’un accompagnement personnalisé. Au-delà de l’apprentissage du français, nous reprenons certaines notions en petits groupes lorsque le suivi des cours s’avère « laborieux » pour eux. Et lorsque les étudiants internationaux en font la demande, nous organisons aussi des leçons d’anglais pour débutants. Cette procédure d’accueil nous permet de tisser des liens étroits avec des pays comme l’Afrique du Sud ou le Canada. Nous y envoyons des étudiants français au sein d’entreprises partenaires pour qu’ils y effectuent des stages de 8 à 10 semaines en moyenne.
Aujourd’hui, un jeune ayant déjà travaillé à l’étranger trouve plus facilement un emploi à l’international. Mais la concurrence y est d’autant plus vive sur des postes à responsabilités ! Comment faire pour valoriser ce parcours sur un CV ?

Renseigner le nom d’un pays à l’autre bout du monde ne suffit pas pour bonifier un CV. Les recruteurs cherchent avant tout à comprendre ce qu’un jeune actif retire d’une expérience internationale. Ce dernier doit donc rentrer dans le détail et préciser le travail ainsi que les missions effectuées. En parallèle, je conseille aux jeunes en cours de scolarité dans un autre pays de le mentionner sur leurs CV. Engranger des connaissances dans une langue étrangère est très valorisant.  À l’IUT de Nice, nos étudiants ne s’y trompent pas et partent souvent faire leur 3e année d’études dans une université étrangère. C’est une expérience dont ils ressortent grandis.
À l’heure de la mondialisation, vers quels pays vos diplômés doivent-ils se tourner s’ils veulent entamer leurs carrières à l’international ?

Il est judicieux de se tourner vers des pays « neufs » de l’Union Européenne pour y chercher des opportunités commerciales. Une région comme l’Europe de l’Est est aujourd’hui en pleine transition économique ! En envoyant des jeunes étudier en Croatie depuis 2 ans, l’IUT de Nice cherche à les sensibiliser au dynamisme économique croissant de ce pays. Cette démarche a contribué à valoriser son image dans l’esprit des étudiants. Quelle que soit la destination, un jeune diplômé travaillant à l’étranger va non seulement améliorer son niveau de langue mais aussi cultiver son ouverture d’esprit et son autonomie. Je suis d’origine anglaise et je peux vous l’affirmer : toute expérience internationale vaut le détour. Et puis… la France n’est jamais trop loin !

 

Sources : approachpeople.com • unice.fr/international/ • agence-erasmus.fr

 

Jean Baptiste Najman